Asif ou oued Allaghene qui prend sa source au versant sud du Djurdjura emprunte actuellement deux lits avec une bifurcation naturelle en amont à environ deux (02) kilomètres de la RN 26 qu’il traverse et saccage au moment des fortes crues. Ce qui soulève l’ire des riverains qui voient leur vie ainsi que leurs propriétés mises en danger.
Les services publics concernés ont pris en charge ce projet dont les travaux sont en cours. Le projet d’Asif Allaghene ne date pas d’aujourd’hui et le tracé de ce «nouveau-ancien» lit serait une idée prise d’une carte datant des années 30. Mais depuis, la rivière a changé de lit plusieurs fois. Les deux itinéraires connus sont ceux qui débouchent sur Riquet et Allaghene.
A propos du tracé, la réaction des riverains est la même, comme nous l’expliquera Djamel, un propriétaire : «J’ai moi-même proposé à ce qu’on garde un de ces lits. C’est plus économique et moins gênant, mais les pouvoirs publics ont crée un troisième lit plus coûteux et touchant des maisons, des oliveraies et faisant beaucoup de mécontents. Au vu des travaux déjà réalisés, je suis sceptique quant à l’efficacité et à la résistance des gabions face à la furie d’Asif Allaghene et à sa force destructrice», dira-t-il avant d’ajouter : «Je ne remets pas en cause son utilité mais, à mon avis, au lieu de faire simple, on préfère compliquer les choses par la création d’un troisième lit artificiel qui s’agira désormais de oued Alaghene détourné», conclut-il.
En outre, dans un courrier des habitants de Vejou adressé au directeur de l’hydraulique de la wilaya de Béjaïa, dont nous détenons une copie, les riverains demandent «l’étude d’une possibilité de rectifier l’itinéraire du lit de oued Allaghene notamment devant les habitations qui ne sont qu’à six mètres du tracé que nous avons rejeté à plusieurs reprises lors des différentes étapes de l’étude».
Dans le même document, les signataires «s’opposent à cet itinéraire imposé sans aucune logique ainsi qu’à tout empiétement de leurs propriétés». Toujours est-il que la situation risque de se corser pour défendre leurs droits qu’ils estiment inaliénables et ne comptent pas rester à l’état de constat. «Ce nouveau tracé ne fera que déplacer les problèmes et leurs conséquences vers un autre endroit, alors autant les laisser à leur place», nous fait remarquer un riverain.
Achiou Lahlou
