» J’ai toujours eu un comportement offensif  »

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A cœur ouvert, le technicien français, connu pour sans franc parler, nous dresse dans cet entretien un bilan de tout ce qu’il a entrepris et réalisé depuis son intronisation à la tête de la barre technique des Canaris, mais aussi de ce qu’il l’attend comme mission jusqu’au 31 mai prochain.

La Dépêche de Kabylie : la JSK reste sur une belle série de dix matchs sans défaites depuis votre venue à la barre technique. Quel est le secret de réussite au sein d’une équipe où d’autres avant vous ont échoué ?

Jean Christian Lang : C’est le résultat du travail de l’ensemble des composantes du club notamment les dirigeants, à leur tête le président Hannachi, un ancien footballeur qui connaît bien son sujet, mais aussi du président de section, Karim Doudene, qui nous ont toujours mis dans de bonnes conditions pour préparer nos matches. Je félicite les supporters aussi qui ont réussi à revenir en frères kabyles au secours de la JSK qui était dans une situation délicate. Dans cette réussite, je tiens également à décerner un tableau d’honneur aux joueurs qui ont eu une grosse part dans les résultats en formant un groupe solidaire, premier défenseur de la JSK sur le terrain. Enfin je félicite aussi le staff technique et médical, à savoir Arezki, Sid Ahmed et le docteur Guillou qui travaillent en étroite collaboration et en parfaite harmonie et qui ont accepté un entraîneur étranger avec autant de chaleur et de simplicité et qu’ils aient aussi accepté la méthode qui est la mienne et qu’ils défendent avec beaucoup de conviction.

Un commentaire sur cette longue série de matchs sans défaite…

J’avoue que je ne compte pas le nombre de matchs sans défaite. Ce qui m’importe le plus est que les joueurs adhèrent à un projet de jeu qu’ils aient accepté une certaine mentalité de travail et un esprit club à entretenir. Les résultats sont liés à une certaine qualité de jeu des matches que l’on essaie de reproduire à chaque rencontre.

On a remarqué que la défense de la JSK est stabilisée et n’encaisse pas beaucoup de buts contrairement au début de saison…

J’attribue la réussite défensive par le fait que toute l’équipe se sent responsable sur le terrain. Le mérite en revient aux défenseurs certes, mais il faut aussi remercier les attaquants et les milieux de terrains pour tous les efforts fournis pour protéger notre gardien.

Le compartiment offensif reste toujours le maillon faible de l’équipe. Qu’en pensez-vous ?

Aux yeux de certains, il peut rester un point d’interrogation, mais dans mon esprit et dans mon cœur, ce n’est pas un sujet d’inquiétude, car les attaquants posent à chaque rencontre des problèmes énormes aux défenses adverses. Avec tous les joueurs de l’équipe, nous avons décidé de jouer tous les matches pour les gagner. J’ai toujours eu un comportement offensif en tant que joueur et entraîneur et cela reste toujours mon credo. Si aujourd’hui, on n’a pas scoré de nombreuses fois, je persiste et je signe que nous sommes sur le bon chemin et je félicite nos attaquants pour tous les efforts consentis, malgré les attaques persistantes de la presse.

Qu’en est-il du cas Amaouche qui ne joue plus alors qu’il était l’un des titulaires lors de la saison passée ?

Même s’il est vrai que Amaouche était titulaire, mon arrivée à la JSK coïncidait avec la venue de Hocine Achiou. Je pense que Achiou est meilleur que Amaouche à son poste et c’est la raison pour laquelle je fais jouer Achiou et laisse Amaouche sur le banc. Je ne peux pas utiliser deux joueurs pour le même poste.

Mais vous faites jouer tout de même Berramla et Achiou ensemble alors que les deux sont des meneurs de jeu ?

D’abord les deux joueurs sont des attaquants qui ne jouent pas au même poste. L’un joue à gauche et l’autre à droite. Il ne faut pas oublier aussi que Berramla et le meilleur buteur de l’équipe. Cela dit, il faut vraiment être stupide pour ne pas aligner le meilleur buteur.

La JSK n’est désormais qu’à quatre points du leader. Comment voyez-vous la suite du parcours surtout que tous les supporters caressent le vœu de voir leur équipe sacrée ?

Je ne regarde jamais le classement et ce n’est que ce soir que je vais penser au prochain match qu’on jouera jeudi face au CABBA. Je prendrai une feuille sur laquelle je commencerai d’abord à inscrire en haut de la page le nom de l’adversaire. Ensuite, je tracerai un programme de travail qui comportera tous les aspects à travailler de façon à mettre le groupe sur orbite pour aborder cette rencontre dans de bonnes conditions. Pour ce qui est de l’objectif, je vous rappelle que le jour ou je suis venu l’équipe avait 12 points seulement en 11 matches joués. L’inquiétude pour tout le monde, c’était d’éviter la descente et aujourd’hui tout le monde me parle du titre, c’est vraiment osé. Ce que je dirai aux supporters est que ma priorité c’est que l’équipe continue à progresser sur tous les plans. La qualité de jeu, un bon état d’esprit et l’esprit club des joueurs dont ils ont fait preuve jusque-là. Je veux dire par là évoluer avec la mentalité JSK.

Le fait de jouer ce jeudi face le CABBA et enchaîner trois jours plus tard avec le match de la coupe d’Afrique face au Ahly de Tripoli ne va-t-il pas avoir des conséquences sur votre équipe ?

Est-ce que vous pensez que les joueurs algériens sont moins robustes que les joueurs européens. En Europe, on joue deux fois par semaine et je ne vois pas pourquoi on n’est pas capable de le faire aussi en Algérie.

A ce qu je sache les footballeurs algériens ne sont pas des sous hommes.

Mais la différence se situe au niveau des moyens de récupération ?

Je ne pense pas que ce soit un problème de récupération, mais ce qu’il faut par contre c’est plutôt un problème de dosage aux entraînements et c’est à l’entraîneur de le faire de façon à équilibrer les efforts de son équipe, afin qu’elle puisse faire face à la compétition. Donc au risque de me répéter, je n’ai aucun souci pour jouer les matches tels qu’ils sont programmés.

En parlant de la ligue des champions, quels sont les objectifs que vous a tracé la direction du club ?

Vous avez lorsque, je suis arrivé, le président m’a seulement confié la responsabilité de l’équipe et j’essaie de remplir ma mission avec une énergie kabylienne, un professionnalisme irréprochable et aussi une bonne humeur quotidienne.

Que pensez-vous du niveau du championnat et des joueurs algériens ?

Je suis persuadé et je le confirme. L’Algérie a un potentiel très bon, mais aujourd’hui deux grands problèmes empêchent l’évolution des joueurs de devenir des Mekhloufi, Madjer et autres.

Le premier problème c’est la pression négative que mettent la presse et les supporters sur les joueurs. Il faut savoir que quand on est toujours sous pression on ne peut pas être à 100% de ses capacités.

Le deuxième problème réside dans la non protection de l’arbitre dans le jeu. Comme exemple, Pourquoi l’arbitre n’aurait pas décidé l’arrêt du match de jeudi dernier face à Annaba ? Dans cette rencontre l’intégrité physique des joueurs et des différents staffs n’était pas assurée. Le juge de touche encore plus a été touché et l’arbitre n’a pas daigné arrêter la partie. Par contre le juge de touche a appelé l’arbitre du centre pour me demander de quitter le terrain pour simplement lui avoir dit : “Monsieur, il faut être honnête”. Alors qu’il aurait dû l’appeler lorsqu’il était agressé.

Un dernier mot pour conclure cet entretien ?

En bon kabyle d’adoption, je demande à tous ceux qui aiment la JSK de méditer ce proverbe. « Si tu tombe sept fois, relève toi comme un vrai kabyle huis fois » et qu’ils restent donc la garantie de l’avenir de notre club.

Entretien réalisé par S. Klari

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