«Ce n’est pas trop tôt», disent les riverains. L’entreprise chargée de l’étude du sol, dans le périmètre de la ville d’Aïn El-Hammam, semble décidée à entamer les travaux.
Un engin de forage est installé depuis quelques jours dans l’enceinte du marché où plusieurs sondages seraient prévus. En vue de procéder à des analyses écologiques, des prélèvements d’échantillons du sous-sol sont effectués à des profondeurs pouvant atteindre une vingtaine de mètres, nous dit-on.
Ce n’est malheureusement que le début de l’étude confiée à un «hydro environnement», un bureau franco-algérien. Ce qui explique les réticences des locataires concernés qui ne voient pas encore le bout du tunnel, eux qui assistent, impuissants, à une dégradation, chaque jour plus importante, de leur cité. Ils ne veulent plus attendre pour connaître l’état de gravité du glissement de terrain qui s’est manifesté encore, dangereusement, ces derniers jours. Depuis le passage du bureau d’études vers qui tous les regards sont tournés, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Sans être expert, n’importe quel citoyen peut affirmer que la situation est devenue plus grave que jamais. L’entrée est du marché est définitivement bloquée par une dénivellation dépassant un mètre. En face, la rue Colonel Amirouche est en train de subir le même sort. Elle ne tardera pas à être fermée à la circulation. Les commentaires et les hypothèses les plus farfelues alimentent quotidiennement les discussions à cet endroit le plus fréquenté de la ville.
Chacun rapporte ce qu’«il a entendu» quant à la suite qui serait réservée aux immeubles.
La pression est telle que des locataires, sans avouer ouvertement les causes de leur départ, ont quitté leurs logements. C’est dire que les résultats des sondages entamés sont attendus avec impatience. De ces analyses dépendra le renforcement ou la démolition des immeubles de la Cité du Marché.
A. O. T.
