Une grève illimitée dès septembre prochain

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Le torchon brûle entre collectif et direction au centre de recherche nucléaire de Draria. Les travailleurs chercheurs observent depuis avant-hier un sit-in de trois jours. Décidés à revenir à la charge et à maintenir la pression sur leur direction afin de faire valoir leurs doléances, les protestataires comptent radicaliser leur action en menaçant de déclencher une grève illimitée à partir du mois de septembre prochain si aucun écho favorable ne leur est parvenu. Quelles sont les raisons de leur colère ? Kamel Chehat, président du bureau syndical, affilié à l’UGTA, justifie la décision de ses travailleurs par le fait que la direction générale du centre a infligé des sanctions à deux de leurs collègues et limogé un autre de façon «arbitraire» et «sans raison apparente». C’est pourquoi ils réclament et exigent l’annulation immédiate de cette décision de sanction.Selon ce dernier, les deux chercheurs ayant subi des mises à pied ont été sanctionnés parce qu’ils ont demandé «à mettre à leur disposition des moyens de sécurité nécessaires et indispensables à l’accomplissement de leurs tâches». Pour réponse à leur requête, continue le porte-parole du syndicat, venu hier à notre rédaction, «la direction générale a, de manière arbitraire et totalitaire décidé la prise de sanctions administratives et financières à leur encontre». Pour ce qui est du chercheur limogé, Kamel Chehat souligne que ce dernier a été destitué pour motif d’absence alors qu’il était en mission à Vienne où il a participé à la réunion de l’Agence internationale de l’énergie atomique dont il est membre. Chaaban Sari, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a 28 ans d’expérience et a occupé des postes de responsabilité, a tenu à signaler notre interlocuteur. Ce dernier, courroucé, fulmine contre l’administration qui tend «vers l’intimidation des travailleurs en les menaçant de licenciement». Ce dernier a fait savoir, sur le même ton, qu’ils sont plus de 70 chercheurs relevant du COMENA (direction qui gère tous les centres nucléaires, a avoir quitté le secteur pour «manque de considération et également de moyens». Rappelons qu’au niveau de ce même centre plusieurs membres du bureau syndical ont été, en 2003, démis de leur fonction et ils n’ont été intégrés qu’après intervention de leur tutelle qui n’est autre que la présidence. «Ce sit-in n’est qu’une partie remise, la crise qui prévaut dans notre secteur remonte à décembre 2003 où nous avons revendiqué pour nous assurer des conditions décentes de travail, et d’améliorer notre situation socioprofessionnelle». A défaut de réponse favorable, les travailleurs de ce centre ont eu recours au mouvement de débrayage pour exprimer leur mécontentement. La grève a duré 45 jours, faut-il le rappeler. Par ailleurs, voulant avoir la réaction du directeur général du centre par rapport à cette question, notre tentative est restée vaine.

Wassila O. H.

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