Précédé par un préavis adressé au directeur de l’Education de la wilaya, samedi passé les enseignants de cet établissement ont observé un arrêt de travail, et se sont même déplacés à l’Académie durant l’après-midi pour voir de «près» le nouveau directeur fraîchement installé. Le motif, encore une fois étant “Exiger un climat de travail serein dans cet établissement’’.
Le pourquoi du malaise
Pourtant, les uns et les autres disent que la crise qui y perdure n’est nullement le fait du hasard, mais plutôt aggravée par un processus amorcé il y a un peu plus de quatre ans. On nous a confié, preuve à l’appui, qu’au lendemain du départ, dit «forcé» d’un directeur, dit-on, natif de la région, cet établissement a commencé à s’engouffrer dans divers problèmes. Après presque cinq ans, déjà, on compte plusieurs directeurs qui s’y sont succédé ! L’accumulation des contradictions et la régression de plus en plus accrue ont rendu la situation plus délicate que jamais.
A quelques jours seulement des vacances printanières, un tableau peu reluisant est brossé. Au cours des derniers mois, des dizaines de grèves furent déclenchées. Des classes entières ont préféré déserter, ce qui a engendré la fermeture du pavillon pédagogique.
C’est «prétendument» en réponse au manque, voir à l’inexistence des chaises et à l’absence de moyens de chauffage dans les salles de cours.
A l’origine, dit-on, une poignée de «pseudo lycéens» procède «sciemment» à la casse des chaises, des vitres et curieusement aussi en détériorant les tableaux ! Bien évidemment, une manière de perturber et d’empêcher la tenue des cours. De pareils comportements se sont vite propagés dans l’établissement, et par conséquent, une anarchie s’est totalement installée. Un manque flagrant d’agents d’éducation se conjugue avec l’impunité dont jouissent ‘’les têtes brûlées’’ créant un climat des plus étranges. Pis encore, des élèves qui harcèlent, attentent même à la dignité de leurs professeurs, sans parler du tabagisme et autres mœurs indignes dans un établissement censé être un lieu de savoir. D’autres parlent même de la drogue qui circule en plein jour parmi les lycéens. Un phénomène qui ne serait pas étrange quant on sait bien sûr qu’à l’extérieur, la drogue et la petite criminalité battent leurs records ces dernières années.
Que faire ?
Tant de questions sont posées sur la nécessité brûlante de rattraper le cours des évolutions et remettre l’établissement sur les rails. «Pourtant, on en parle dans les cafés et foyers mais l’apathie et l’immobilisme des parents d’élèves, qui, apparemment, ne prêtent plus attention pour rétablir ce fait accablant. Ils sont les maîtres à bord !», nous confie L. Salah, un parent soucieux du devenir de son fils.
D. Kaci, un parent et ex-directeur, nous déclare : «J’ai l’habitude de me rendre dans ce lycée, jamais on n’a vu pareille situation à l’intérieur, vous en saurez à quel degré est la dégradation. A la sortie du lycée, un autre phénomène retient l’attention : des dizaines de gens, toutes catégories confondues, guettent les heures de sortie. On y vient embêter et parfois harceler et proférer des vulgarités à l’encontre des filles… On doit mettre le holà dans ce désordre». Hamza, un lycéen en deuxième année, nous en décrit la situation : «C’est vrai qu’on manque beaucoup de moyens, mais des copains sont allés plus loin dans leurs actes… Pourtant, le dindon de farce sera tout simplement nous !».
A côté de lui, un professeur se présente et préfère garder l’anonymat, déclare : «Ces derniers jours, on pollue les salles avec des produits nauséabonds. Des centaines de pétards ont explosé depuis le Mawlid. Mais ces mêmes élèves ne peuvent pas être des anges dans un établissement pareil et qu’on ne peut exclure.»
Notre interlocuteur rajoute que lui et ses collègues peinent, tout de même, depuis, à mettre le paquet pour contenir la situation et rendre à l’établissement sa vocation véritable pourtant réputé pour ses résultats notables. Un arrêt de travail qui s’ajoute, dit-on, aux multiples rapports et grève qui s’inscrivent dans un combat pour gérer convenablement le lycée.
Par ailleurs, devant le laisser-aller et la sourde oreille, la déperdition et le «voyoutisme» guettent le sort des élèves d’aujourd’hui. Les valeurs de la culture et du savoir sont rudement mises à l’épreuve.
L. M.
