L’inconscience, l’errance et surtout l’impatience d’un jour plus clément qui tarde à venir sont les constituants qui animent la vie quotidienne des jeunes du village d’Ath Mendes sis dans la commune de Boghni.En effet, l’absence totale d’infrastructures culturelles et de loisirs auraient permis à cette jeunesse de perdre tous ses repères et de s’enfoncer, de plus en plus dans un chemin déficient et compromettant pour leur avenir.C’est un véritable enfer, pour tout dire, le chômage troublant, épaulé par un niveau de vie assez précaire qui frappe de plein fouet la majorité des familles rend la situation des plus alarmantes. De cet état, l’émergence des maux sociaux sont constatés de visu et accaparent le terrain avec une allure vertigineuse et inquiétante à la fois. La consommation de la drogue et l’alcool sont devenus choses courantes. Le vol est omniprésent… C’est un constat amère qui confirme amplement le désespoir dans lequel notre jeunesse est enlisée. La délinquance juvénile est effrayante et le bourbier de la débauche dévore sans répit ses victimes. A Ath Mendes, l’existence se limite de café en café, les plus aisés s’adonnent à des interminables séries de différents jeux (dominos, carte…) Pour la plupart d’entre eux, ils s’adossent du matin au soir aux façades des bâtisses ou s’agenouillent à longueur de journées en rêvant d’une situation meilleure qui ne se trouve pour eux, que Outre mer. Il est également à signaler que l’absence totale d’une politique de prévention pour ne pas dire une prise en charge des problèmes de cette jeunesse désœuvrée, accentue le danger, et rend la situation plus explosive.Ne sachant à quel sain se vouer, cette jeunesse qui ne cesse de rôder et arpenter les multiples chemins sinueux de Tadert-village, nourrissant dans son tréfonds de l’angoisse et de crainte, aura t-elle l’indulgence des pouvoirs publics qui sont appelés, plus que jamais, à répondre favorablement à son ultime cri de détresse.
Ali Khalfa
