L’ouverture de chantiers en pleine cour de récréation ou à quelques mètres seulement des classes tend à devenir courant, de nos jours. Les engins pénètrent dans l’enceinte des établissements sans aucune gêne. Le ballet des camions peut durer parfois plusieurs heures et une fausse manœuvre pourrait provoquer l’irréparable. Les jeux des enfants qui enjambent parfois des fardeaux d’acier se déroulent au milieu de gravats et autres matériaux de construction. Les obstacles font partie du jeu, malgré leur danger. Dans plusieurs écoles, les enseignants se plaignent de ne pouvoir assurer convenablement leurs cours, gênés dans leur tâche par le vacarme qui emplit les classes. “A certains moments, nous sommes obligés d’attendre qu’un camion finisse de décharger sa cargaison pour continuer la leçon». «Trop tard, les élèves sont déjà déconcentrés», affirme un professeur de maths qui s’égosille à longueur de journée pour se faire entendre. “Les cris des ouvriers qui s’interpellent à haute voix font la joie des enfants qui trouvent là un prétexte au défoulement”.
Hormis le danger des blessures qui les guette à tout instant, le bruit de marteaux, de brouettes et autres engins emplissent la classe, dominant souvent la voix du maître contraint à “se répéter sans cesse”, indique un enseignant. Des travaux qui doivent se dérouler durant les vacances attendent, paradoxalement, la rentrée scolaire pour être exécutés.
Cela devient une habitude. Les entreprises calquent leurs horaires sur ceux des élèves. Mieux encore, ils se mettent aussi en vacances de juillet à septembre… comme les enseignants ! Aux abords ou à l’intérieur des établissements scolaires, le bruit est devenu le lot quotidien des enfants. Le matin, c’est au moment des rangs que la bétonnière est mise en route et ne s’arrêtera qu’avec la sonnerie de quatre heures.Ni les délais de réalisation, ni les nuisances sonores ne semblent entrer en ligne de compte lors de l’attribution de marchés que certains entrepreneurs ne se gênent pas de faire traîner en longueur. Ne pouvant fonctionner, sans bruit ni gravats et boues, les chantiers, souvent inscrits dans la durée, perturbent la quiétude des écoles et des riverains qui ne trouvent la paix qu’à la nuit tombée. Un peu d’ordre devrait être mis à cette situation.
A. O. T.
