«… Pourvu qu’on nous laisse travailler»

La Dépêche de Kabylie : Depuis le départ d’Ahmed Aïssi, vous assurez l’intérim de la direction de la Maison de la culture. Nous avons remarqué que le rythme d’animation est maintenu et il y a eu même de nouvelles activités permanentes…

Hachemi Bouhired : Effectivement. Nous avons tracé un programme à long, terme puisqu’il y a de plus en plus d’adhérents qui viennent s’inscrire aux différentes sections existantes. Mais, l’essentiel, c’est qu’il y a déjà une stabilité dans toutes les activités y compris dans le volet formation.

Ce qui fait aussi plaisir, c’est le fait que les Bougiotes aient appris à fréquenter la maison de la culture de leur ville après l’avoir désertée durant de longues années…

C’est exact. D’ailleurs, c’était l’un des objectifs de la direction de cet établissement. Je ne vous cacherai pas que cela a été étudié, notamment par l’adoption d’un comportement pour cela. Je veux dire par là que nous ne nous sommes pas occupés uniquement de créer des activités et d’organiser des manifestations culturelles. A travers ce que vous venez de me dire, je constate avec une grande satisfaction que nous avons réussi.

En parlant de création d’activités, rien que pour cette année, trois de nouvelles d’entre-elles semblent attirer un public enthousiaste, à savoir, les cafés littéraire, théâtre et ciné.

Oui. Les activités nommées «café» sont destinés à un public spécialisé et nous avons remarqué que, là aussi, nous avons atteint notre objectif. Par de nombreux fidèles qui participe à de chauds débats et la salle a toujours été pleine à craquer.

D’ailleurs, on nous demande toujours la date et l’invité de la prochaine édition. Pour les deux autres «cafés», théâtre et ciné, les coups de starter ont aussi révélé l’existence d’un public connaisseur et avide de rencontres. Sinon, il y a aussi le ciné-lycéen chaque lundi après-midi. En tout cas, tout cela va dans le sens de professionnaliser les activités de la maison de la culture, et nous avons les moyens de notre politique, puisque nous avons beaucoup de cadres formés à l’INAD. De plus, chaque réussite nous poussera à faire encore beaucoup plus et mieux.

Ce n’est un secret pour personne, maintenir des activités permanentes et organiser de grandes manifestations culturelles nécessitent beaucoup de moyens et pas uniquement humains : Est-ce que le ministère de la culture octroie un budget conséquent à la maison de la culture de Béjaïa ?

Le ministère de la Culture n’a jamais lésiné sur les moyens financiers pour le développement du secteur.

C’est pour cela que nous souhaitons qu’il n’y ait pas de cassure. Concernant notre gestion, nous continuerons sur cette lancée, pourvu qu’on nous laisse travailler. Pour cela, nous restons très vigilants.

Avant son départ, Ahmed Aïssi nous a fait part de travaux concernant les aspects extérieur et intérieur de l’établissement : Qu’en est-il au juste ?

Effectivement. Ce n’est pas remis en cause puisque, nous continuerons le travail fait par Ahmed Aïssi. Concernant ce que vous venez de dire, il s’agit d’un projet grandiose qui permettra de construire une clôture pour sécuriser la maison de la culture et de modifier ses aspects extérieur et intérieur. Ce qui est surtout intéressant, c’est que ces réalisations se feront de façon à les marier avec la vocation de l’établissement.

C’est-à-dire que cela sera fait de manière artistique. Il est temps que la capitale des Hammadites se dote d’une infrastructure digne de ce nom. Même les sous sols abandonnés depuis longtemps seront aménagés en ateliers.

A vous entendre parler, le secteur de la culture a un bel avenir dans la capitale des Hammadites…

Nous sommes là pour cela. Nous voulons professionnaliser sa gestion et ses activités. N’oubliez pas que nous sommes des diplômés de l’INADC et que nous avons gravi les différents échelons et eu toutes les promotions hiérarchiques dans ce domaine.

Je veux dire que nous avons l’expérience nécessaire pour cela.

L’essentiel est qu’on nous laisse travailler.

Tout comme Ahmed Aici, je lance le même appel aux artistes, au mouvement associatif et à la société civile pour qu’ils se rapprochent de nous afin de travailler ensemble. Je le répète encore, le travail réalisé par Ahmed Aïssi sera poursuivi.

Entretien réalisé par Amastan S.