Un colloque sur la vie et l’œuvre de l’un des maestros du chaâbi, en l’occurrence El Hesnaoui, est inscrit au programme des activités de l’association «Issegman» (les bourgeons) de la ville des genêts (Tizi-Ouzou) entre le 10 et le 15 du mois de mai prochain. Le colloque sera une occasion pour revisiter l’œuvre de l’un des maîtres du chaâbi et de la chanson de l’exil qu’il fut, en véritable porte voix d’une génération d’émigrés durant les années 50 et 60. Son répertoire bref, mais suffisamment riche et de qualité, composé de 48 chansons, dont 33 en kabyle et 15 en arabe populaire, dont les légendaires chansons «Noudjoum Ellil, Maison blanche et Fadhma,…» Pour graver son nom en lettres d’or sur le registre de la chanson. Le maestro qu’il fut ne cesse d’inspirer tant d’artistes et de susciter l’intérêt des universitaires pour se pencher sur les différents aspects, notamment sociologique, de ses textes à travers des études scientifiques passionnantes. So œuvre, inspirée du vécu quotidien de ses paires, touche à tout. Ses thèmes vont de l’amertume et l’arrière-goût de l’exil à la dure réalité ardue et difficile dans sa contrée natale, en passant par l’ingratitude de son semblable. Il a traité de tout ; l’amitié, la liberté, la femme,…En homme suffisamment averti et aguerri par les vicissitudes de l’exil et de la vie, il a chanté et su transmettre ses «cris de douleur» avec des mots et des airs qui émeuvent, même ceux qui ne saisissent pas un mot de la langue de Mammeri et de l’arabe.
De son vrai nom, Khellouati Mohamed, le chantre du chaâbi naquit un certain 23 juillet 1910, au village Tadart Tamuqrant, accroché au pied mont de la ville de Tizi-Ouzou. Dés son jeune âge, frappé par la foudre d’un amour contrarié, il quitte son village pour la capitale (Alger). C’est là qu’il eut l’occasion de parfaire son art, en contact avec les maîtres du chaâbi, El-Anka et Chikh Nador. Vers la fin des années 30, il émigre en France où il vit jusqu’en 1985. Il a arrêté de produire vers la fin des années 60. En retraite, il se retira à l’île de la réunion (océan indien) où il mourut en 2002. Il a fait don de Son instrument, «une mandole» au non moins célèbre Akli Yehiatène. Mort loin des siens, ses adeptes et ses compatriotes souhaitent vivement le rapatriement de sa dépouille.
A. K.
