En grève, les travailleurs de l’ETDE demandent la reprise par l’Etat de leur entreprise

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N’ayant reçu aucun salaire depuis 14 mois les 150 travailleurs de l’unité ETDE (Entreprise de travaux et de distribution de l’énergie) de Béjaïa sont entrés en grève illimitée depuis le 28 mars à 8 h du matin. Et pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’urgence qu’il y a à régler leur problème, 11 parmi eux se sont carrément mis en grève de la faim. Et si l’Etat n’honore pas, dans les tous prochains jours, sa promesse de prendre en charge les arriérés des salaires, comme annoncé dans la presse par le secrétaire général de l’UGTA, les 139 travailleurs qui ne sont aujourd’hui qu’en arrêt de travail menacent de s’abstenir eux aussi de manger jusqu’à ce que la crise qui secoue l’entreprise soit dénoncée.

Si les pouvoirs publics ne sont pas intervenus à ce jour, indique Ikhelef Lounès, P-DG de l’unité, c’est qu’ils considèrent l’entreprise comme une RES (Reprise de l’entreprise par les salariés) en ce sens que les travailleurs qui sont devenus autonomes n’ont qu’à “se débrouiller” pour assurer leurs salaires et se prendre en charge sur tous les plans. Mais de leur côté, les travailleurs déclarent qu’ils ont été dupés au moment où ils ont accepté de reprendre l’entreprise à leur compte, parce que, avancent-ils, avec insistance, l’unité qu’ils ont achetée était criblée de dettes.

Aujourd’hui, et c’est une des causes principale de leur grève, c’est un véritable S.O.S qu’ils lancent à l’Etat de racheter ce qu’il a vendu. En fait, explique encore le P-DG de l’entreprise, qui a pris ses fonctions, il y a un an, les problèmes de l’unité ont commencé lorsqu’un fournisseur qui les a estés en justice en 2005 pour défaut de paiement d’un matériel d’une valeur de 7 millions 100 mille DA qu’il a livré en 2003, a eu gain de cause sur l’entreprise. Il a bloqué son compte bancaire ainsi que sa ligne de crédit, causant de ce fait une véritable paralysie financière de l’entreprise. Aujourd’hui, les travailleurs, tient-on à souligner, ne vivent que des maigres allocations familiales et du remboursement des frais médicaux.

B. Mouhoub

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