« Le peuple peut créer la surprise »

La ritournelle de cette campagne reste sans aucun doute les appels à une mobilisation forte pour aller aux urnes le 9 avril, craignant que la sentence le jour J soit pareille à celle des dernières législatives. Même le gros calibre de cette campagne n’a pas manqué d’appeler la population à aller s’exprimer à chaque halte. Dans cette monomanie exprimée par les candidats, les observateurs de la scène politique diront que c’est une manière de mobiliser l’électorat indécis et de l’enrôler dans un discours populiste qui accapare les candidats désireux de crédibiliser une campagne jouée. Un terme qui ne plait guère aux cinq et à leur tête la candidate du Parti des travailleurs qui dira que « le peuple peut créer la surprise !» L’angle d’attaque de Louisa Hanoune reste ses critiques envers l’Etat et les chiffres avancés qui sont, d’après elle, « erronés » et « vides de sens ».

Dans son discours prononcé hier dans les wilayas d’El Bayadh et et de Nâama, la candidate du PT se place indirectement comme la concurrente de Bouteflika : « A chaque visite dans une wilaya, je constate un engouement particulier envers les idées et le programme qu’on développe, c’est un signe ».

Elle poursuit son discours en critiquant les chiffres officiels avancés par les autorités notamment ceux relatifs à la création d’emplois tout en appelant à « la création d’une agence indépendante pour l’emploi » qui, d’après elle reste la solution pour atténuer ce problème majeur.

Aussi, elle évoquera le rôle de la femme dans le développement du pays : « La présence de la femme dans les institutions doit s’élargir à l’instar du Parlement tout en lui permettant de briguer de hautes fonctions, ce n’est pas une tare mais une réalité qu’il faut appliquer ».

Et de poursuivre : «Aujourd’hui, une femme est prête à assumer le poste de chef d’Etat et de diriger l’Algérie, aidez-moi pour atteindre ce but et asseoir la rupture pour espérer au changement » tout en lançant un appel pour la force ouvrière afin de se mobiliser le jour du vote : «Vous êtes conscients que l’enjeu est énorme ».

Elle lancera aussi un énième appel aux citoyens pour aller voter massivement.

Pour sa part, le candidat du mouvement El Islah, qui fera de l’amnistie générale son cheval de bataille continue de tricoter dans un discours révolu : « Sauvegarde de la culture et de l’identité nationales ».

Hier il a promis s’il est élu de « créer des pépinières d’entreprises pour permettre aux jeunes diplômés ou non de diriger leurs propres entreprises, celles-ci seront entièrement subventionnées par l’Etat et demeureront toutefois son bien ».

Il dira que son programme « est le seul capable de provoquer un changement au sein de la société et de sortir de la crise socioéconomique ».

Le candidat d’El Islah n’a pas manqué de mettre en garde les jeunes contre toute tentative de manipulation : « Ne vous laissez pas faire, tenez à votre liberté de pensée, c’est une chose qui ne doit ni s’acheter ni se vendre, exprimez-vous librement et massivement pour éviter la fraude. » Avant de poursuivre : «L’élection n’est pas jouée d’avance, ceux qui disent cela tentent de décridibiliser le scrutin ». Djahid Younsi se définira comme « le candidat de tous les Algériens et ne représente aucun courant ni région ».

Hacène Merbouti