Les travailleurs mettent fin à leur grève

Après cinq jours d’arrêt de travail pour l’ensemble et de grève de la faim pour onze d’entre eux, les cent cinquante travailleurs de l’entreprise de travaux et de distribution de l’électricité (ETDE) de Béjaïa ont convenu de reprendre le travail dès ce samedi. Bien entendu, cette décision n’avait été prise qu’à l’issue d’une réunion qui avait duré toute la soirée du mardi jusqu’aux premières heures de la matinée de mercredi entre les syndicalistes et l’administration et qui avait abouti à un engagement de paiement de trois mois de salaire sur les quatorze impayés. Selon le représentant des travailleurs, outre le paiement des trois mois de salaire qui avait motivé cette reprise, il y a aussi l’état de santé des travailleurs en grève de la faim qui se détériorait de jour en jour. Fort heureusement, les grévistes de la faim évacués à l’hôpital Khelile Amrane de Béjaïa sont tous sortis sains et saufs. La décision de reprise coïncide avec la venue de la candidate à la présidentielle prochaine, Louisa Hanoune en l’occurrence, qui avait animé dans la matinée d’hier, un meeting à la salle bleue et durant lequel elle avait qualifié le non-paiement de quatorze mois de salaires à ces employés de l’ETDE de véritable « crime ». Il est utile de rappeler que cette entreprise étatique locale avait été reprise par les travailleurs pour en faire une société de salariés conformément aux nouveaux dispositifs de l’époque permettant aux travailleurs de reprendre l’activité à leur compte en procédant à l’acquisition des actifs par le biais d’une cession avec un paiement à terme étalé sur une vingtaine d’années. Cette pratique n’avait pas réussi aux travailleurs de ladite entreprise lesquels, après avoir eu à rembourser, en 2007, une dette de sept millions de dinars datant de 2003, s’étaient retrouvés dans une situation des plus alarmantes du point de vue financier notamment. Depuis cette date, ils sont restés sans salaires et ont pratiquement tous regretté d’avoir succombé aux charmes d’une cession d’actifs qui aurait fait d’eux des « patrons » et par cette action de grève, ils sollicitent en quelque sorte l’état à rétatiser leur société.

A. Gana