La réalité est formelle, à Béjaïa l’embauche s’élargit à la faveur des dispositifs sociaux d’insertion, mais les débouchés qu’offrent les institutions et les entreprises publiques ou privées sont réduits dans la wilaya qui connaît un taux de chômage très élevé.
Parmi les nouveaux diplômés, la plupart se déplacent vers les grandes villes en quête d’un emploi. «Les jeunes sont attirés par les grandes villes, bien équipées en infrastructures économiques et qui disposent d’un marché de travail vaste et varié», dit Samir, 25 ans licencié en sciences commerciales sans emploi. Beaucoup surfent sur internet à l’assaut des formulaires d’émigration au Canada ou en France. «ça y est, j’ai le niveau 5 en TCF. Dès septembre 2009, je serai à Paris» confirme Sofiane, TS en marketing, âgé de 23 ans.
La Direction de l’action sociale (DAS) a enregistré plus de 11 900 demandeurs d’emploi inscrits en Prime d’insertion des diplômés (PID) et 8 136 en Prime d’activité et d’insertion sociale (PAIS). A l’ANEM, «831 jeunes ont été embauchés durant la période allant d’avril au 31 décembre 2008, dans le cadre du Dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP)” dit M. Lekhel, directeur de la wilaya par intérim en charge de l’emploi. En plus, 216 jeunes ont été recrutés en Contrat d’insertion professionnelle (CIP), et 33 autres en Contrat formation-insertion (CFI), et tous ces recrutements sont des CDD (Contrat à durée déterminée) d’une année. L’Etat contribue dans la prise en charge des salaires dans le cadre d’un Contrat de travail aidé (CTA) pendant trois (3) ans pour les Contrats d’insertion des diplômés (CID). Le salaire s’établit à 12 325 DA mensuel brut pour les licenciés et les ingénieurs, à 10 644 pour les TS et 8 015 DA pour les CIP. Dans les firmes et autres sociétés privées, la situation est nuancée, «Franchement, je ne peux pas embaucher un cadre ou un ouvrier en qui je n’ai pas confiance. Je préfère payer de ma poche et choisir mes salariés» dit un chef d’une PME.
A l’Agence nationale de soutien aux emplois de jeunes (ANSEJ), 3 000 emplois ont été créés l’an dernier avec la création de 700 micro-entreprises, 462 projets ont décroché un financement bancaire pour les 925 dossiers déposés durant le deuxième semestre 2008. Pour la CNAC, seuls 46 entreprises et 96 emplois ont été créés en six mois. Pour le rattrapage du retard sur le plan économique et social de la wilaya, et pour attirer davantage les jeunes à ne pas quitter l’Algérie, l’Etat a promis de financer un plan «2010-2015», adopté récemment par l’assemblée de la wilaya. Ce plan qui annonce avoir accordé le sésame, au lancement de «3 050 projets» d’utilité publique, dont la facture proformat est de 265 milliards de dinars.
Menad Chikhi
