S’il y a une année où les oléiculteurs ont subi une perte sèche, elle ne peut être que celle qui est en cours. Deux catastrophes, s’il convient de les désigner ainsi, ont causé aux agriculteurs de nombreux dégâts, à commencer par les fortes neiges. La quasi-totalité des oliveraies de la région ont été décimées durant l’hiver dernier. Selon certains oléiculteurs de Boumahni, les pertes s’éleveraient à plus de six mille oliviers. Les citoyens ont signalé le nombre d’arbres sans pour autant qu’ils ne soient indemnisés « Nous avons mené les opérations de recensement à temps », nous a clarifié un responsable agricole sous l’anonymat. A peine l’été eut-il, débuté, que le reste est ravagé par les feux. Depuis la fin du mois de juin, pas moins de deux mille arbres ont subi le feu à Tafoughalt, un village de la commune d’Ath Yahia Moussa. Dernièrement, canicule aidant, un autre incendie s’est déclaré à proximité du massif forestier de Boumahni. Des centaines d’oliviers sont partis en fumée. Devant cette situation, les oléiculteurs ne savent plus que faire. Certes, un autre recensement sera organisé. Il faudrait seulement savoir si les indemnisations vont arriver. Cela étant, selon un assureur agricole, tout fellah doit se souscrire à l’assurance catastrophe naturelle. Pourtant, cette loi est rentrée en vigueur en septembre dernier. « Il faudrait que les agriculteurs sachent qu’ils sont les premiers concernés par cette loi. Sinon comment garantir ces cultures si ce n’est pas assuré », « ajoute notre source. Cette double catastrophe jouera aussi sur le prix de l’huile, déjà les spéculateurs se sont lancés dans ce marché, car ils savent pertinemment que la production oléicole prochaine sera insuffisante. En somme, la protection de ces oliveraies devient impérative ». On n’est qu’au milieu de l’été, par conséquent, la vigilance » reste de mise.
Amar Ouramdane
