Lorsque l’on voit que tout se vend et s’achète à des prix à vous donner le tournis, on est forcés de croire que la petite ville d’Aïn El-Hammam n’est habitée que par des gens aisés. La demande est si importante que les marchands, toujours à l’affût « des affaires », un mot d’ailleurs à la mode, fournissent leurs magasins en denrées de toute sorte.
Les produits les plus prisés ou rares sur le marché sont exposés aux prix les plus élevés, sans que cela ne choque. Sur place, on s’approvisionne selon ses caprices. Il suffit d’y mettre le prix. La pastèque à cent cinquante dinars le kilo a vite disparu des étals, arrachée par des mains habituées à ne brasser que des devises. Les poires et le raisin d’importation à des prix exorbitants, narguant les petites bourses qui n’ont pas le temps de flétrir.
La forte proportion d’émigrés (retraités ou autres) habitant la région n’y est pas pour rien. « Ils achètent tout, quel qu’en soit le prix », nous dit un marchand de fruits et légumes qui avoue avoir une certaine clientèle à qui il réserve les meilleurs fruits, dans l’arrière-boutique. « Ils ne marchandent pas. Ils paient et c’est tout », ajoute-t-il. Des haricots verts à deux cents dinars, au foie de bœuf à mille deux cents dinars en passant par le choux fleur à 120 DA, la pomme de terre à 90 DA, rien ne semble rebuter une certaine clientèle. Quant au poivron à 140 dinars, il côtoie allègrement le piment à 160 DA. Ce qui fait dire à « une petite bourse », « il pique vraiment fort, ce piment ! ». En fin de compte, tout pique dès qu’on s’y frotte.
A. O. T.
