Plaidoyer pour une nouvelle ville

Dans deux correspondances adressées au wali de Tizi Ouzou et au ministre de l’Habitat, deux députés de la région demandent le déplacement pur et simple de la ville d’Aïn El Hammam. La structure du terrain de l’ex-Michelet ne permet aucune construction de poids, croit-on savoir. Le glissement qui a occasionné tant de dégâts aux constructions a conduit les autorités à suspendre tout permis de construire dans le périmètre de la zone urbaine. On ne peut plus se permettre de construire des édifices voués à la démolition. La solution préconisée par le wali actuel, lors de sa première visite à Aïn El Hammam, semble faire son chemin. A l’époque, le premier responsable de la wilaya avait instruit les autorités locales en vue d’une prospection de la région afin de trouver un terrain qui pourrait servir éventuellement de nouvelle ville. Depuis, les choses sont restées en l’état, faute d’assiette de terrain, appartenant au domaine public. La solution consistant à en acquérir reviendrait excessivement chère. Quant aux expropriations, sans contrepartie financière, comme au temps du parti unique, personne ne serait disposé à se laisser déposséder de son bien. Et les propriétaires ne sont pas disposés à accepter. De ce fait, aucun projet d’envergure n’a été inscrit pour Michelet depuis bien longtemps. Ces derniers temps, maître Belgacem, le député local qui semble sensibilisé sur la question, entend porter le projet à un niveau supérieur. Dans sa lettre adressée au ministre de l’Habitat, il brosse un tableau de la situation qui prévaut à Aïn El Hammam, demandant de déclarer la ville « zone sinistrée ». Plus loin, il suggère « d’entreprendre à long terme l’édification d’une nouvelle ville à Aït Yahia ou Ath Bouyoucef », deux communes limitrophes possédant des terrains domaniaux. Quelle que soit la solution adoptée, une chose est maintenant sûre, Michelet ville est condamnée à se débarrasser de tous ces immeubles chancelants, menaçant locataires et passants.

A. O. T.