Béjaïa, site privilégié, située entre la mer et la montagne, servie par un arrière pays au relief variable selon les régions, constituée de belles forêts denses ou de belles vallées favorables à la vie agropastorale, placée au carrefour des voies terrestres, jouissant d’une position maritime qui la met face aux métropoles européennes, Béjaïa présente le profil nécessaire à l’établissement d’une ville ouverte sur le monde du commerce et de transit, mais surtout sur celui des échanges culturels et du tourisme.
Comptant plus d’une centaine de kilomètres de côtes paradisiaques et desservie par un aéroport international et un port de grande envergure, la capitale des Hammadites reçoit chaque saison estivale des centaines de milliers de visiteurs venus des quatre coins du pays, surtout du Sud algérien mais également de l’étranger où elle compte une forte communauté émigrée. Un afflux qui n’est pas sans incidence sur le pouvoir d’achat de la petite autochtone et qui donne à l’antique Saldae, la triste réputation de la ville la plus chère d’Algérie. Tichy, située à moins de 05 minutes de route du chef-lieu de wilaya, n’arrive pas à se défaire de son image de station balnéaire « officielle » fréquentée par les seuls riches qui ont les moyens de se permettre les « Hammadites », « le club Aloui », « Syphax », « Le Saphir Bleu », « la Grande Terrasse » ou encore une villa aux amandiers de Capritour, restaurants, complexes touristiques et villages résidentiels qui réclament de bien gros sous. En hors saison, fleuron de quiétude et de distraction, havre de paix, nulle trace de campings familiaux ou de centres de vacances pour enfants. En été, à compter du mois de juin, Tichy croule sous le poids de la foule, une foule hétérogène où le pauvre et le riche se croisent avec des éclairs de frustration et d’indifférence de part et d’autre. Cigares de luxe, bijoux et portable à la main, ces messieurs de la « haute », aparatchiks du système parvenus ou seigneurs du trabendo, s’affichent à bord de leurs voitures dernier cri, des blondes, en bermudas, débardeurs et casquettes, l’air hautain et draguant des « papichettes » à peine sorties de l’adolescence. C’est la saison idéale pour les jeunes chômeurs issus de milieu pauvre pour se faire un peu d’argent, en vendant divers articles artisanaux ou en louant des parasols. Malgré ce terrible paradoxe de différence de classe, c’est ce contraste qui fait le charme de Bgayet…
B. R.
