« Le rôle du mouvement associatif est essentiel dans la lutte contre le fléau de la drogue et la rencontre d’aujourd’hui est un pas, dans le cadre d’autres rencontres, pour renforcer l’activité de sensibilisation au profit des jeunes, à ravers les associations », a indiqué M. Sayeh qui intervenait en ouverture de la rencontre de formation au montage de projets en matière de prévention contre la drogue, leur mise en œuvre et leur évaluation.
Cette rencontre de trois jours, dédiée aux représentants du mouvement associatif du centre du pays et organisée par l’ONLDT, en collaboration avec le groupe Pompidou, s’inscrit dans le cadre du programme du réseau MedNET de coopération dans le domaine de la lutte contre la drogue au titre de l’année 2009.
Tout en relevant que le fléau de la drogue prend, de jour en jour, une « ampleur alarmante », que ce soit par la « vente illicite » ou « la consommation », l’objectif recherché par les réseaux criminels qui répandent la drogue, cible particulièrement les milieux juvéniles. Ces malfaiteur visent aussi, selon l’orateur, « à inonder le pays par cette substance illicite ». « Relever le défi imposé par ces groupes criminels exige la mise en œuvre de mesures préventives », poursuit-il. Ajoutant à l’adresse des associations, qu’il faut planifier des campagnes de sensibilisation, sur la base d’outils efficaces et performants. Toujours dans ce cadre, le mouvement associatif a « choisi le discours adéquat à même de convaincre les jeunes d’éviter ce genre de fléau « , a-t-il expliqué. M. Sayeh a souligné, par ailleurs, que cette rencontre de formation pour les cadres du mouvement associatif des wilayas du Centre du pays, permettra de les doter de nouvelles méthodologies pour l’élaboration d’un projet de lutte contre la drogue, d’identifier les raisons de ces déviations chez les jeunes et d’évaluer l’efficacité du projet mis en oeuvre.
De son côté, Aïssa Kasmi, cadre à l’ONLDT, a ajouté que cette rencontre est un appel aux associations et aux pouvoirs publics pour unifier leurs dispositifs pour s’impliquer dans les efforts de lutte contre la drogue.
La rencontre était « l’expression de la disponibilité » de l’office et au-delà « les pouvoirs publics » à « aider la société civile pour qu’elle puisse lutter efficacement contre ce fléau mortel ». Sur le sujet de la commercialisation de la drogue en Algérie et son ampleur, l’intervenant a relevé que la première saisie en Algérie remonte à 1975, (3 tonnes de cannabis). Tout en estimant que la crise économique, l’apparition des premiers signes du malaise social ont conduit à la propagation de plusieurs fléaux sociaux. La drogue « se répand vite », au regard de l’augmentation des quantités de cannabis saisies ces dernières années. Elle est en effet passée à 100%, entre 2002 et 2004.
Dans ce contexte, ajoute l’interlocuteur, une grande partie de la production du cannabis marocaine transite par les principaux ports algériens à destination d’autres pays européens, précisant que 73,87% de ces quantités transitent vers l’Europe et 26,13% sont destinées à la consommation locale. M. Kasmi a prévenu, en outre, que les localités privilégiées par les réseaux de trafic du cannabis sont concentrées à l’ouest du pays, sur les frontières algéro-marocaines, en plus d’El-Bayadh, de Naâma et d’Oued Souf. Rappelant au passage qu’un total de 116,4 tonnes de cannabis a été saisi durant la période allant de 1992 à 2008, dont 38 tonnes en 2008 seulement. l’interlocuteur a relevé que » 43,11% des 86 832 affaires liées à la drogue et traitées par la justice, de 1994 à 2004, concernent les jeunes de 18 à 25 ans « .
De son côté, la présidente du groupe français Pompidou qui active avec le Conseil européen, dans la lutte contre la toxicomanie, Mme Kheïra Mokadem, a affirmé dans son intervention que la collaboration du groupe avec l’ONLDT est axée sur le domaine de « la recherche » et sur les « aspects techniques », dans les campagnes de sensibilisation et de lutte initiées au profit de la population. « Nous allons aussi intervenir dans le domaine de la justice pénale », a-t-elle annoncé, précisant que dans quinze jours, il y aura des journées d’étude sur le thème de l’application de la loi, au profit des magistrats. « Il sera donc question, des expériences des pays du bassin méditerranéen dans ce domaine », a-t-elle poursuivi.
Les experts français ayant pris part à cette rencontre ont soulevé, de leur côté, que leur présence en Algérie rentre dans le cadre de la collaboration dans la lutte contre la drogue avec la société civile algérienne, expliquant que « les méthodes utilisées en France touchent, particulièrement, l’entourage familial et social du sujet ciblé dans le cadre de la sensibilisation aux dangers du fléau de la drogue ».
Akli Slimani
