Une autre maladie animale a fait son apparition à travers plusieurs localités de la commune de Saharidj. En effet, depuis près d’une semaine, des chiens domestiques sont retrouvés morts ça et là dans la région. C’est le cas, notamment, au niveau des deux villages d’Iwakourène, à savoir Ighzer et Thadarth Lejdid, où sévit cette maladie qui fait des ravages parmi les chiens qui accompagnent les troupeaux d’ovins et de bovins comme l’affirmeront de nombreux éleveurs. Ces derniers affichent une vive inquiétude et craignent que leur cheptel ne soit contaminé par ces chiens présentant des symptômes identiques à ceux de la fièvre aphteuse avec un abondant écoulement de bave. Ces bêtes cessent de s’alimenter et de boire et finissent par mourir au bout d’une semaine après une atroce agonie. D’autres affirment qu’à partir du troisième jour, les baves se transforment en écoulement du sang et la bête, les yeux rougis, ne tient plus en équilibre. Ils craignent fort que ce soit le virus de la rage d’autant plus que les cadavres des chiens morts sont abandonnés sur place et se décomposent rapidement sous l’effet de la chaleur caniculaire qui sévit depuis le début du mois. La forte présence de chiens à Iwakourène s’explique du fait que chacun des nombreux éleveurs en possède entre deux à trois qu’ils utilisent pour la garde des troupeaux, cela en parallèle aux propriétaires de vergers de vignobles, de cerisiers et de figueries qui y mettent des chiens à l’intérieur de leur propriétés pour éloigner les sangliers et les colonnes de singes qui opèrent de véritables razzias dans les récoltes sur lesquelles ils commettent de véritables ravages. A noter que ce recours à des chiens pour lutter contre le fléau des singes et sangliers s’est généralisé au niveau de l’ensemble des villages de haute montagne dans cette commune, tel que Ivelvaren, Ath Hamadh, Ath Illithen et Imesdhourar, dans la commune de Saharidj. Ces villages sont à vocation agropastorale, ce qui explique la forte présence de chiens domestiques. Un fait très alarmant du fait que c’est pour la sixième année consécutive que les services agricoles ont amputé du programme des vaccinations annuelles des animaux le vaccin antirabique des chiens, un vaccin qui n’est prodigué désormais, qu’aux bovins qui bénéficient aussi de celui anti-clavelée et anti-fièvre aphteuse. Le deuxième cas aussi alarmant est le fait que trois chiens ont été terrassés par cette même épidémie qui sévie à Iwakourène, au village Aggache en périphérie Sud du chef-lieu de commune. Les deux villages où elle a apparu sont distant de 25 Kms l’un de l’autre ce qui revient à conclure que cette étrange maladie est loin d’être un cas isolé mais se propage à travers le territoire de la commune de Saharidj. Interrogé à propos de ces chiens qui présentent des symptômes que l’on relève chez les bovins atteints de fièvre aphteuse, H. Hocine, vétérinaire, est catégorique. « Il ne s’agit pas de fièvre aphteuse. La fièvre aphteuse affecte les espèces animales à onglons (bovins, ovins caprins et porcins). Le chien peut véhiculer et transmettre le virus, mais il n’en est jamais atteint », dira-t-il. Sans être affirmatif, le vétérinaire ajoute : « Il pourrait s’agir de la rage, mais on ne peut être affirmatif qu’après avoir mis en observation, la bête pendant une quinzaine de jours ». Reste à espérer que les services concernés réagiront, d’abord, pour en savoir de quel genre de virus il s’agit, pour prendre ensuite les mesures adéquates pour le juguler et l’empêcher de se propager d’avantage afin d’éviter la contamination du cheptel.
O. S.
