La terre bouge encore et toujours !

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“Chaque jour apporte son lot de fissures !” nous dira Abdennour, un habitant qui a loué une maison dans le village suite à la fissuration des murs de la sienne “devenue un tamis” selon ses propres dires. Un bureau d’études topographiques situé à Ighzer Amokrane engagé par le Laboratoire national de l’habitat et de la construction (LNHC) a conclu à l’existence de trois zones de stabilité au village : une rouge, une orange et une verte. Des solutions ont été suggérées pour parer aux risques qu’encourent les habitants. Aussi, des galions ont été érigés, du sol a été substitué par du gravier et des mesures drastiques en matière de constructions ont été imposées par la Direction de l’urbanisme et de la construction (DUC) d’Akbou aux habitants demandeurs de permis de construire dans la zone classée rouge. “Malheureusement, ces mesures n’ont servi à rien. Car le problème se pose de plus en plus avec acuité et les affaissements surviennent dans les zones classées orange et vert”, nous dira B. Ali, président du comité du village. “Une enveloppe de 5 millions de dinars a été dégagée pour réaliser ces travaux, c’était le choix le moins onéreux ! Autrement nous sommes en droit de douter du sérieux de ces études”, poursuit le président du comité. Le président de l’APC d’Ighram, dans une correspondance adressée au wali de Béjaïa en mai 2006, signale que “vu les recommandations géotechniques du bureau d’études LNHC de Béjaïa, établi par la DTP… plusieurs délégations (APC, daïra et APW) sont passées sur les lieux et ont constaté l’ampleur et la gravité de la situation”. Une situation, il faut le dire, dont la gravité s’intensifie et se précise chaque jour davantage et pour preuve un tronçon de la route desservant le village est délabré sur une linéaire d’une vingtaine de mètres et le village court un fort risque d’être isolé à tout moment. La menace de voir les maisons s’écrouler l’une après l’autre et le village disparaître sous des tonnes de terre est en passe de devenir une obsession stressante chez les habitants. “Parfois ça m’empêche de dormir”, nous avoue un sexagénaire.“Ayant saisi le wali par un courrier officiel, nous espérons le voir visiter notre village pour constater de visu la situation et le cas échéant nous accorder une audience pour lui faire part de cette situation qui devient intenable !” se plaint B. Ali. Il est utile de signaler que des glissements similaires se sont produits dans la commune de Beimlikeche (Iemsla), Ichalladen (Felden), Ighzer Amokrane (Sidi Younès), Sidi Aïch et d’autres localités du massif du Djurdjura pendant la même période, soit d’avril 2003 jusqu’à aujourd’hui. Un géomètre, qui a requis l’anonymat, suppose que la “le glissement de terrain” qui affecte le village d’Iaâzounen, une partie du village Taslent et plusieurs endroits aussi bien en haute montagne qu’en piedmont dans la commune d’Ighram serait la manifestation d’un même “phénomène géologique” autrement plus étendu et aux contours encore mal définis.

B. Sadi

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