Plusieurs commerçants, exerçant au niveau du marché hebdomadaire de Bouira, ont été destinataires de mises en demeure pour quitter leurs étals, et ce, depuis plusieurs semaines. Ils étaient une dizaine de marchands de fruits et légumes et autres gargotiers à regarder les engins de terrassement, qui se sont affairés, dès les premières heures de la matinée d’hier, à abattre les cloisons constituant le mur d’enceinte du marché hebdomadaire. Plusieurs d’entre eux n’étaient pas satisfaits de voir ainsi le site en proie à une démolition, une opération qui, selon eux, les priver a de leurs gagne-pain. « Cela fait cinq années que je vends des fruits et légumes en cet endroit. Je possède une clientèle que j’aurais du mal à retrouver dans un autre quartier de la ville » fulmine Kamel, la trentaine, qui se résigne toutefois à quitter les lieux.
Par contre, d’autres commerçants exerçant eux illégalement n’approuvent pas cette décision. C’est le cas d’un quinquagénaire de Bouira qui nous interpellera : « Constatez par vous-même, les autorités nous expulsent sans autre forme de procès, je n’ai que cette activité pour assurer le pain de mes quatre enfants et je me retrouve du jour au lendemain, sans travail. » En l’interrogeant s’il avait reçu une mise en demeure pour quitter les lieux et être installé ailleurs, notre interlocuteur nous avouera exercer sans aucun registre de commerce. Sur place, le P/APC de Bouira et le chef de daïra supervisaient cette opération sous l’œil d’un cordon de sécurité. Le chef de daïra que nous avons approché nous révèlera que la démolition du marché est plus qu’une nécessité. « J’ai eu à me rendre dans ce marché a plusieurs reprises, le jour, les normes d’hygiène n’existent pas, mais la nuit tombée, il est vraiment malsain de se promener dans cet endroit. » Le chef de daïra nous expliquera que cet endroit malfamé la nuit, était un repaire pour les revendeurs de boissons alcoolisées, des dealers et autres marchands de chair. En lieu et place de ce marché qui devra fermer d’ici une quinzaine de jours, un espace de détente jouxtera le boulevard reliant le rond-point Guemraoui à celui de Nassim. « Nous voulons créer un espace de détente non institutionnel dans lequel des jeunes ou des moins jeunes pourront venir ici se reposer ou se prélasser en écoutant de la musique ou danser le hip-hop sans que cela gène personne » dira le chef de daïra. Notre interlocuteur souligne enfin que d’ici au mois de juillet, les travaux entamés depuis quelques mois au travers des différents quartiers du chef-lieu de la wilaya, seront achevés et ce, dans le cadre de l’aménagement urbain pour lequel une enveloppe de deux milliards de centimes a été débloquée.
Hafidh. B
