Les gargotiers refusent le poisson

Le poisson, particulièrement la sardine, mis en vente ces derniers jours, à Aïn El Hammam, de qualité douteuse, risque de provoquer une intoxication alimentaire, à grande échelle si les services concernés n’y jettent un œil. Les gargotiers de la ville se sont d’ailleurs mis d’accord, pour faire de lundi dernier, une journée sans poisson. Les deux restaurateurs du centre-ville, en connaisseurs, refusent «d’empoisonner ». « Nous nous contenterons de leur servir des frites, aujourd’hui », précise l’un d’eux. Leurs pairs, arrivés quelques instants plus tard, approuvent la décision et repartent préparer un autre menu. Personne ne s’est approchée de cette marchandise repoussante et à la limite des déchets que les présents qualifiaient de «pâte». Il faut dire que depuis quelques jours certains marchands ne s’embarrassent pas des règles d’hygiène. De la côte (Azeffoun, Dellys, Boumerdès) à Michelet, soit une centaine de kilomètres, le poisson transporté dans des camionnettes bâchées, sous des températures élevées, arrive dans un piteux état.

A cette piètre qualité du produit, s’ajoutent les conditions de sa vente. Le décor est planté depuis longtemps. Des détritus, un sol crasseux, des poussières provenant du chantier de démolition des bâtiments, de la boue, provenant de l’éclatement d’une canalisation servent de «poissonnerie» à ciel ouvert. Si les consommateurs résistent aux maladies, c’est que la nature les a dotés d’une résistance hors du commun. Par ailleurs, si les horaires de vente du poisson sont réglementés, à Aïn El Hammam, ils sont élastiques. «Les fruits de mer» sont disponibles, à l’air libre, même au-delà de onze heures. Un rappel à l’ordre est souhaitable. Il y va de la santé des citoyens.

A. O. T.