Donc pour y remédier, une conférence pédagogique est organisée à l’école des Frères-Yahiatène, par l’inspecteur rentrant, M. Meriem, avec bien sûr la collaboration de l’inspecteur sortant, M. Hadj Moussa et en présence des enseignants de langue française des deux circonscriptions (Ouadhias et Boghni) ainsi que l’ensemble des directeurs des écoles primaires des deux régions. L’épreuve de français fut reproduite sur le tableau en puis décortiquée et analysée pour relever les carences, il en ressort que la sémantique du texte n’est pas à la portée des élèves, du moins une bonne partie.
D’un commun accord, un groupe de travail fut dégagé pour proposer une autre épreuve plus adaptée et plus conforme à la réalité, et ce malgré l’intervention de M. Mériem, qui ne voulait pas tomber dans la facilité et fausser l’action pédagogique, ce qui est fort louable et respectable mais pour y arriver, il fallait un travail de fond et de longue haleine. Le premier objectif étant atteint et les élèves rétablis dans leur droit, le second but, c’est de dire au revoir à l’ancien inspecteur, M. Hadj Moussa, qui part à la retraite — pas tout à fait, puisqu’il est toujours chargé de cours à l’université de Tizi Ouzou—. Une collation est prévue à cet effet, puis vint le moment crucial et émouvant où nous avons entendu les enseignants rendre hommage à leur supérieur hiérarchique : « Un homme simple, toujours disponible et qui sait écouter les préoccupations des enseignants d’où l’efficacité de son action pédagogique », dira M. Saïbi. Dans une atmosphère émouvante et pleine de reconnaissance à l’égard de celui qui a toujours été fidèle à son travail et qui a toujours dit : « que le primaire est la base, mais les moyens matériels et humains font cruellement défaut, ce qui fait que la relève n’est pas assurée, j’aurai bien voulu m’occuper de la formation des enseignants (nouveaux et anciens) mais les outils dont nous disposons sont très limités et même inexistants. Un inspecteur réduit à quémander une rame de papier par-ci et un stylo par là et faire des copies chez nos collègues du CEM, c’est du jamais vu ! ». « Espérons que la situation évoluera dans le sens positif », ajoutera-t-il. L’inspecteur s’en va sous les applaudissements des enseignants, ce qui est une preuve irréfutable du devoir accompli.
Hocine Taïb
