D’une capacité de 100 places, son ouverture était pourtant prévue pour la rentrée de 2003. Les parents d’élèves avaient accueilli ce projet avec beaucoup de satisfactions et d’enthousiasme. Ils ont nourri l’espoir de voir ce centre ouvrir ses portes dans les délais qui lui étaient impartis pour ne pas devoir envoyer leurs enfants aux centres de Bouira ou de Kadiria et de se voir encore contraints de supporter des frais de transport qui ne cessent d’augmenter pour devenir en plus en plus ruineux pour les petites et moyennes bourses. Ils voyaient en cette réalisation la seule sortie de secours pour leurs enfants qui rateraient leur scolarité. Elle offrirait en effet, aux exclus du lycée une autre possibilité de se rattraper en acquérant un métier, qui pourrait leur ouvrir les portes de l’avenir. Seule une formation professionnelle pourrait leur donner une chance de s’arracher des griffes d’un chômage, devenu endémique. A leur grand désespoir ce chantier, aujourd’hui à l’abondan, ne suscite qu’amertume et désolation. Ils voient s’évanouir leurs espoirs de voir leurs enfants soustraits à une oisiveté dévorante qui les guette et qui risque de les plonger dans les abysses d’une délinquance impitoyable aux conséquences incommensurables. La raison de l’abondan de ce chantier est la consommation entière et avant terme de l’enveloppe allouée à ce projet. Le terrain d’assiette pour son implantation a été très mal choisi. Escarpé et très accidenté, il n’offre pas les qualités d’un site adéquat pour minimiser le coût de réalisation. Les travaux de terrassement ont englouti une bonne partie des crédits qui lui ont été accordés. Si le choix du terrain avait été fait plus intelligemment on aurait certainement économisé suffisamment d’argent pour mener le chantier à son terme. Le taux de réalisation avoisine les 70%. Pour permettre à l’entreprise de reprendre les travaux, une rallonge de 20 millions de dinars vient de lui être consentie. Au vu du volume des travaux qui restent à réaliser cette réévaluation s’avère déjà insuffisante. Son montant est bien en deça de celui qu’il faudrait encore engager si on veut éviter un autre arrêt du chantier. Si une demande d’une deuxième réévaluation venait à être introduite, elle risque fort de ne pas aboutir. En principe elle ne pourrait pas être envisagée dès lors qu’il y en a eu une première qui, malheureusement, a été sous-évaluée. Avec les prix des matériaux qui ne cessent de grimper et le manque d’empressement, dont il est fait preuve à vouloir relancer ce chantier, il serait illusoire de croire que cette annexe pourrait ouvrir ses portes à la rentrée de 2006. Si des erreurs d’estimation ont durablement bloqué ce projet, il serait injuste de le faire payer à nos enfants et de les laisser encore faire les frais de l’incurie de nos responsables. Puisque ce projet sera forcement mené à son terme quoi qu’il en coûtera, pourquoi alors faire perdre davantage de temps à ceux qui n’attendent que l’ouverture de centre pour y aller apprendre un métier avec lequel ils espèrent bâtir leur avenir ? Si la notion du temps n’a plus de sens pour ceux qui s’arrogent le droit de disposer de l’avenir de nos enfants, il faudrait seulement qu’ils comprennent qu’il n’y a plus de temps à perdre.
Ahmed Chibani
