Métros, tramways, espaces verts, marinas, gratte-ciel, grandes surfaces. Autant de projets qui attendent d’être réalisés durant le troisième quinquennat du président de la République, un défi pharaonique qui fera de la capitale une ville digne des grandes mégapoles de la péninsule Arabique. Néanmoins, beaucoup reste à faire et réaliser des projets de cette envergure en un laps de temps très court relève du miracle.
Le Président avait exhorté ses ministres à respecter les délais de réalisation et à n’accuser aucun retard dans la livraison. Et si cette prouesse technique est dure à réaliser, vu les difficultés que trouvent les entreprises nationales pour respecter leurs cahiers de charges, il n’en demeure pas moins que les cinq années à venir seront décisives pour le gouvernement surtout dans la capitale.
Un métro et un tramway qui se font désirer
Le métro d’Alger, dont la livraison était prévue pour 2007, n’en finit pas d’alimenter les débats. La capitale n’en peut plus de la circulation infernale qui y l’asphyxie. Et pour désengorger cette grande ville qui voit défiler chaque jour plus de 4 millions de personnes, le métro qui sera, selon les responsables opérationnel en 2010 reste la seule solution. Qu’est-ce qui coince alors, quels sont les dessous de ce projet qui trébuche ?
Le métro, une fois livré, sera d’un grand secours pour les voyageurs de plus en plus nombreux à travailler dans la banlieue d’Alger. Les rames ont été livrées il n’y a pas longtemps, reste l’aménagement du tunnel, et d’après un responsable rencontré sur les lieux, c’est une question de temps, car les sols de la capitale sont accidentés et difficiles à perforer, ajouté à cela le manque de moyens technologiques et la main-d’œuvre peu qualifiée. Mais ce métro une fois mis en fonction sera une pièce du puzzle qui transformera la capitale en une ville plus accessible et moderne.
Sur un autre volet, le tramway, qui existait jadis à Alger, complétera le paysage des moyens de transport modernes au niveau de la capitale. Néanmoins, ce projet reste opaque et on n’en parle très peu. Les habitants de la capitale ne croient plus à la réception de ce moyen de transport vu les retards qui s’accumulent dans sa réalisation.
Les deux projets métro-trammay rentrent dans le cadre de la modernisation de la capitale. Mais une question demeure entière, les autorités seront-elles à la hauteur de ce défi, le premier depuis l’indépendance ?
Alger Médina, un projet qu’on veut étouffer…
Il s’appelle Abdelouhab Rahim, un homme d’affaire ambitieux et P-DG du groupe Dahli spécialisé dans l’hôtellerie, les loisirs et l’immobilier. Il est revenu au pays durant les années de braise pour reprendre en main l’hôtel Hilton et construire la tour d’affaires qui abrite des bureaux et un centre d’affaires. L’homme est plutôt discret et s’est fait connaître grâce à un projet ambitieux qui consiste en la réalisation sur la baie d’Alger d’un mégaprojet. Le projet en question est « Alger Medina » projeté sur une assiette de 75 ha il se décline en plusieurs phase : une marina, un grand hôtel appartements, un hyper centre commercial, un parc aquatique, un palais des congrès deux tours de bureaux. Pour sa réalisation, l’homme d’affaires a eu recours à un procédé inconnu jusqu’ici chez nous dans le domaine privé, un emprunt obligataire grand public. Cette opération destinée à financer ce projet et malgré le délai de prolongation n’a pas atteint les résultats escomptés. L’homme se dit otage de l’affaire Khalifa en ce sens que les banques ne veulent plus prêter surtout avec le départ de Carrefour. Ce projet, et malgré hypothèque sur les deux bâtiments (hôtel Hilton et tour ABC) pour une valeur de deuxième rang couvrant 176 % du montant nominal de l’emprunt, a failli et l’homme d’affaires se dit perplexe : « Comment se fait que des investisseurs étrangers sont les bienvenus alors qu’un Algérien est mis à la touche ? ». En effet, il y a évidemment des mains derrière tout cela, comme le port d’Alger dont la gestion a été confiée aux hommes d’affaires d’Abu Dhabi. Nous y reviendrons prochainement dans une enquête.
Hacène Merbouti
