Et encore cette destination n’est pas à la portée de toutes les bourses, car en ajoutant les frais de restauration, la location d’un parasol ou d’une chaise longue, en plus de l’accès à la plage, les dépenses dépasseront vite la limite du supportable du porte-monnaie des pères de famille nombreuses.
Toutefois, certains sites touristiques peuvent apporter un tant soit peu, de la fraîcheur aux citadins en mal de loisirs, à l’exemple du lac de Tilesdit, des montagnes encore couvertes de neige sur les hauteurs de Tikjda. Des destinations accessibles qui proposent en plus d’un paysage féerique, certaines distractions à moindre prix. La pêche à la ligne et les randonnées pédestres sont autant d’activités praticables et qui peuvent permettre un moment de détente. Les loisirs au naturel et en plein air sont malheureusement les seules distractions abordables pour les modestes citoyens. Au chef-lieu de wilaya, la forêt d’Errich accueille souvent des personnes qui font leur jogging, qui organisent des pique-niques en famille et autres randonnées en plein air. Un fait constatable ces derniers jours marqués par une forte chaleur. De ce fait, une demande existe et la soif de loisirs se fait ressentir. Auprès de la DJS de Bouira, institution dans laquelle nous nous sommes rendus pour avoir des renseignements sur les loisirs proposés par ses soins, nous nous sommes heurtés à “je ne suis pas apte à communiquer en l’absence de la directrice”, de la part d’un chef de service. En l’absence de chiffre et du nombre d’infrastructures mises à la disposition de la jeunesse Bouira, on peut toutefois souligner le manque d’organisation de la part de la société en général pour exploiter correctement les espaces destinés aux jeunes. Les bibliothèques communales existantes ne sont hélas pas aussi fournies en ouvrages, quant aux bibliothèques en cours de réalisation telles qu’inscrites dans le cadre du programme quinquennal.
Ces dernières sont toujours attendues avec impatience par les bibliophiles en herbe. Les loisirs ont un prix souvent inaccessible pour le commun des citoyens qui commence même à oublier jusqu’à la signification de ce mot tombé en désuétude, par la force des choses.
D’ailleurs, dans un ouvrages intitulé Ce que je crois, de Jean Guéhenno, l’écrivain français disait que “l’homme de l’avenir vaudra ce que vaudront ses loisirs.” Une phrase à méditer.
Le cinéma
Même si l’envie de se faire une toile vient à l’esprit du Bouiri, il est improbable que les dernières projections de la Croisette s’invitent dans une wilaya où le cinéma est littéralement banni. Le 7e art, en l’occurrence, lui aussi est, par la force des choses, boycotté par les cinéphiles en l’absence de salles de projection. Des salles de projection qui existent dans différentes daïras de la wilaya mais qui sont inexploitées depuis la décennie noire où les cinémas avaient été décrétés la yadjouz. Depuis, ce n’est plus silence on tourne, mais silence on tue ! Aussi bien à M’chedallah, Sour El Ghozlane, Lakhdaria, les salles de cinéma qui avaient procuré du divertissement à un large public se sont retrouvées fermées du jour au lendemain. L’exemple le plus flagrant est sans nul doute la salle de cinéma d’Aïn Bessem Le Select qui a été vendu et dans lequel on retrouve actuellement des locaux commerciaux et même une gargote ! Drôle d’état des lieux mais c’est hélas la triste réalité.
Les loisirs en déperdition
En évoquant les loisirs dans la wilaya de Bouira, force est de constater que ce mot demeure insignifiant aux yeux d’une jeunesse qui cherche avant tout à s’occuper et à entrer de plain-pied dans la vie active. Pourtant, si les infrastructures de loisirs existent bel et bien à travers le territoire de la wilaya, ces loisirs ne sont pas à la portée du citoyen lambda.
L’absence remarquée et remarquable du mouvement associatif sur le terrain n’arrange en rien les traditionnelles journées mornes et moroses.
Internet pour s’évader
La ville de Bouira dispose d’un boulodrome où des personnes d’un certain âge se réunissent le soir pour une partie de pétanque, mais les plus jeunes eux, ne savent pas vraiment où aller pour se divertir.
Hormis le “loisir” de s’attabler entre amis pour une interminable partie de dominos dans un café maure, le stress et l’anxiété ne risquent pas de déserter les esprits.
Au chef-lieu de wilaya que l’on peut croire gâté en la matière, les jeunes garçons et filles optent pour les cybers loisirs. C’est-à-dire que seule une connexion Internet, accessible pour le prix de 50 à 60 DA/heure réussit à divertir. C’est du moins le constat que l’on peut faire étant donné que rares sont les jeunes à se permettre plus.
En prenant pour exemple la piscine semi-olympique de Bouira, cette dernière n’est plus en mesure d’ouvrir ses portes à un large public, car elle ne peut recevoir qu’un nombre bien restreint d’abonnés en plus des compétions et des entraînements réguliers des athlètes de la région.
L’été, une occasion pour se faire du fric
A défaut de pouvoir se prélasser sous un parasol, à l’ombre non loin de la fraîcheur de la Méditerranée, des jeunes et moins jeunes de la wilaya de Bouira ont déjà trouvé une astuce pour se la couler douce durant cet été en se faisant un peu d’argent de poche. Pour cela, une petite prospection sur les plages du littoral suffit à trouver le bon filon. En premier lieu, les baby-foot, un matériel facile à transporter à proximité des buvettes et qui peuvent engendrer du gain facile. Idem pour les machines à glace où les percolateurs à jus.
Des appareils qui se louent, de bouche à oreille, auprès de certaines personnes ayant déjà exercé ces petits métiers à la sauvette et qui, soulignons-le, ont fait fortune.
Hafidh B.
