Clôture du festival de littérature Kamal Bouamara

Ce festival vient d’être élargi à la littérature en attendant d’y intégrer le roman à partir de l’année prochaine. En tout cas, c’est ce que nous a appris Yacine Zidane, le président du comité scientifique amazigh « Tumast », organisateur de ces manifestations culturelles.

Le festival de littérature Kamal Bouamara

Sur les 69 inscrits, pas moins de 57 participants étaient présent du 18 au 20 mai au campus d’Aboudaou. Le reste, ayant eu des empêchements à la dernière minute, avait, toutefois déposé leurs œuvres. Concernant la poésie, le premier prix est revenu à Djillali Khaled (Bgayet) suivi de Abdelkrim Bouchakel (Bgayet) et de Rachid Ouara (Bouira) alors que les prix d’encouragements ont été décernés, respectivement, à Kania Rabdi de Sétif (Femme), Abdellah Seddiki de Tamanrasset (Touareg) et Belkacem Merdaci (Chaoui). Quant à la nouvelle, Mokrane Chikhi de Béjaïa, correspondant du cahier de Tamazight à la Dépêche de Kabylie, a obtenu le premier prix alors que le prix d’encouragement a été décerné à Mustapha Boudjemaâ, également de Bgayet. Par ailleurs, il est à noter que 10 wilayas ont participé au concours de la nouvelle. Batna, Béjaïa, Biskra, Bouira, Tamanrasset, Tizi Ouzou, Alger, Sétif, Bordj Bou Arreridj et Boumerdès.

Quant au programme, en plus du concours de poésie et de la nouvelle, diverses activités ont eu lieu du 18 au 20 mai 2009, notamment des représentations théâtrales (Tacvaylit de Mohia, l’écrivain public et Imbusa) de la chorale et musique, sans oublier des projections du portrait de Kamal Bouamara (Ameghnas n Tira) et un documentaire sur Dahbia Abrous. Ajouter à cela, des récitals de poésie hors concours.

La rencontre sur l’œuvre de l’écrivain Bouamara

Comme nous l’avions rapporté dans nos éditions précédentes, les recommandations issues de la rencontre autour de l’œuvre de Kamal Bouamara, seront édités par le comité scientifique amazigh « Tumast » de l’université de Bgayet. C’est ainsi que le M. Allaoua Rabehi s’était étalé sur les deux projets de recherches berbères CNEPRU, celui de la terminologie du berbère et celui relatif à la stylistique comparée. A cet effet, le Dr Allaoua Rabehi a tenu à souligner. « Sans le diplôme de Doctorat de Kamal Bouamara, ces deux projets de recherches n’auraient pas existé. Donc, le mérite lui revient » avant de préciser : « Le premier projet est à son aboutissement final. Il est d’une importance capitale puisqu’il analyse les différents néologismes utilisés par les uns et les autres ».

Quant à Salim Ayad, doctorat en littérature, il est revenu, dans sa communication sur l’intertextualité dans l’œuvre de Bouamara et sur la création littéraire dans la nouvelle « Taqsit n’Aziz d Azizen », sa relation avec la littérature traditionnelle et son appel à la culture avant de terminer par la signification du recours à l’oralité.

Pour sa part, Sonia Lounis enseignante de Tamazight à l’université de Tizi Ouzou, a soulevé la pratique de l’écriture de Kamal Bouamara dans sa communication intitulée. « le renouvellement dans la prose kabyle à travers Taqsit n’Aziz d Azizen. De plus, il a été question du travail rénovateur qui se présente comme un renouvellement des techniques narratives dans les textes en proses kabyles. Mohand Akli Salhi, docteur en littérature au département de langue et culture Amazighes de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, a fait une analyse, et une critique sur le livre Si Lbachir Amellah de Kamal Bouamara qu’il a qualifié de « source plus qu’indispensable pour l’introduction à la littérature et la poésie kabyle ». Mahmoud Amraoui, doctorat en linguistique, quant à lui, s’est penché sur la lexicographie amazighe en exposant ses problèmes tout en faisant des propositions, et cela, en retraçant l’historique de la lexicographie berbère qui remonte à l’époque de la colonisation et même, avant si l’on se réfère au travail de ventres de Paradis. Ensuite, Mahmoud Amraoui fera un détour sur les typologies de dictionnaires (lexique, dictionnaires de spécialité, encyclopédie). La dernière intervenante, Samira Aïssou, doctorante en linguistique, a abordé la dimension linguistique chez Kamal Bouamara en analysant le dictionnaire monolingue (kabylo, kabyle). Pour Samira Aïssou, « La méthodologie issue de Bouamara est plus que salutaire puisqu’elle met fin à de nombreux problèmes relatifs à l’élaboration du dictionnaire unilingue. Rappelons que les travaux et recommandations détaillés, issus de cette rencontre autour de l’œuvre de Kamal Bouamara, seront édités par le comité scientifique Amazigh « Tumast » de l’université de Béjaïa. Enfin, la présentation de l’œuvre et du parcours de Kamal Bouamara a été faite par Yacine Zidane, président du comité estudiantin organisateur.

Amastan S.