Plus de 60% des cerisiers détruits par le capnod

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La fête des cerises, dans sa deuxième édition, s’ouvrira aujourd’hui à Larbâa Nath Irathen en présence des hautes autorités de la wilaya de Tizi-Ouzou. C’est dire qu’à Tizi-Ouzou, on veut donner un nouveau souffle à cette manifestation ressuscitée en 2006 après plusieurs années d’hébernation. Une hibernation due essentiellement à la déperdition de la production de la cerise durant ces trois dernières décennies. Est-ce à dire que la production de la cerise a relevé la tête ces dernières années dans la wilaya qui constituait jadis le marché le plus achalandé en la matière sur le territoire national ? La réponse est non, malgré une petite amélioration relevée. A titre d’exemple, en 2001, Tizi-Ouzou ne comptait que 1 060 hectares de cerisiers dont 851 productifs alors que cette année où l’on annonce une production de 19 500 quintaux, on dispose de 1 157 hectares parmi lesquels 979 sont productifs. Cela dit, cette augmentation de superficies enregistré durant cette dernière décennie reste insignifiante par rapport à ce qu’en disposait Tizi-Ouzou vers la fin des années 1970 et début 1980, une période durant laquelle cette production était à son comble. On fait état, en effet, que la wilaya en 1980 comptait pas moins de 275 815 cerisiers. Aujourd’hui, plus de 60% de ces arbres ont disparu. Ils ont été détruits par un insecte appelé le capnod. Celui-ci a fait son apparition dans la wilaya au début des années 1980. Selon certains spécialistes, cet insecte était dans certains engrais importés. En tout cas depuis on n’arrive plus à l’arrêter. En fait, cette mission est difficile puisque ce capnod se propage facilement et se reproduit d’une manière effarante. La femelle produit, en somme, 300 œufs à la fois. Les larves sont les plus redoutables puisqu’elles s’attaquent aux racines de l’arbre provoquant l’affaiblissement de ce dernier avant son dépérissement total.

Le capnod émerge durant la période avril – mai. Des efforts ont été fournis pour stopper l’hémorragie, en vain. C’est ainsi que la production de la cerise se dégrade d’une année à une autre. Les cerisiers ont été, en effet, ravagés par cette maladie incontrôlable, et le reste est toujours menacé. Pour les responsables du secteur de l’agriculture de la wilaya, ce parasite dont l’effet est plus que celui du criquet, nécessite l’implication de tout le monde dont, en premier lieu, les propriétaires des cerisiers. L’attaque doit-être en effet, unifiée pour passer au peigne fin l’ensemble des champs, car il faudra exterminer complètement cet insecte. Pour les spécialistes, il ne sert à rien de nettoyer une région et laisser une autre dans la mesure où le capnod régénère rapidement et se déplace de la même manière. Aussi, une simple présence dans un lieu, aussi isolé soit-il, suffit pour cet insecte à envahir toute la wilaya en un laps de temps très réduit. En tout cas, Tizi-Ouzou semble prendre conscience du phénomène.

Elle doit le combattre sans quoi il ne sert à rien de procéder à une quelconque réimplantation, comme cela a été le cas dernièrement dans la wilaya où l’on a implanté 163 hectares de cerisiers. C’est que ces nouveaux cerisiers finiront par être contaminés tôt au tard par cette maladie. En effet, Tizi-Ouzou n’est pas près de se laisser faire par, mais le concrêt se fait encore désirer au moment où le capnod fait toujours des siennes.

Tizi-Ouzou est l’une des wilayas le plus productives des cerises. Car, son climat favorise l’épanouissement des cerisiers. Larbâa Nath Irathen est le premier producteur de cerises dans la wilaya, elle qui renferme, à elle seule, 40 hectares de cerisiers sur les 1 157 dont dispose la wilaya. Les communes d’Aït Oumalou, Aît Agoucha, Ben Aïssi, Beni Douala, Aïn El Hammam, Iferhounene, sont également producteurs de cerises.

La particularité de la wilaya de Tizi-Ouzou est que celle-ci se distingue par trois qualités de cerises, différente les unes les autres par la couleur, le volume ainsi que le goût.

Ces différentes qualités seront certainement exposées à l’occasion de la fête prévue donc à partir d’aujourd’hui.

Une fête qui drainera à coup sûr la foule des grands jours, ce qui permettra à la manifestation de retrouver son lustre d’antan. En tout cas, les organisateurs de cette édition ont concocté un riche programme qui s’étalera sur trois jours. Le capnod rodera certainement dans les parages au moment de la fiesta.

M. O. B.

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