Lors de la réalisation des fouilles devant recevoir les buses du projet du raccordement au réseau d’assainissement du village Ath Aâli Oukaci, situé à quelques encablures du chef-lieu de la commune de Saharidj, à cinquante kilomètres à l’est de Bouira, la pelle extravatrice a ramené dans son godille une pierre plate comportant des transcriptions en langue Amazigh (Tifinagh) ainsi qu’un dessin rupestre représentant un homme sur le point de se suicider à l’aide d’une corde dont l’extrémité se termine par un nœud collant.
Avisés les responsables municipaux se sont rendus sur les lieux et ont récupéré cette importante pièce archéologique qui a mystérieusement disparue durant presque deux années, pour ne refaire surface une deuxième fois qu’au mois de février de l’année en cours.
Depuis, cette pierre est exposée, sans aucune protection, dans le couloir de la bibliothèque communale, qui vient d’être mise en service et qui est, à la portée du premier venu et des enfants qui fréquentent la crèche aménagée à l’intérieur de la bibliothèque.
Nul besoin d’être spécialiste en la matière pour savoir que cette « pierre précieuse » au sens large du terme qui a séjourné des siècles durant enfouie sous terre subira une dégradation en étant exposée à l’aire libre et soumise au courant d’air du couloir où elle est exposée à même le sol et calée contre le mur. Le courant d’air commence déjà a provoquer un début d’effritement de la surface comportant la gravure où des fissures commencent à apparaître.
Faute d’un traitement urgent par un vernissage de cette pierre, renfermant un pan entier de la mémoire collective, les dessins disparaîtront dans un proche avenir.
Notons enfin que l’endroit de la découverte n’a fait objet d’aucune investigation ou de recherches, l’on s’est contentés de la remise en état, des lieux après la réalisation du projet. Les responsables concernés et à leur tête le nouveau directeur de la culture de la wilaya de Bouira, doit réagir afin d’éviter la dégradation de cette pièce.
Oulaid Soualah
