Dans une rencontre conjointe, tenue hier à Alger avec le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), William Lacy Swing, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a eu l’occasion d’évoquer l’importance du facteur développement dans le règlement de la question de l’immigration. Un dialogue, avec des partenaires nordiques, a été engagé selon lui. Il s’agit de la problématique de la migration. De son côté, l’hôte de cette conférence, William Lacy Swing, a souligné également l’importance de s’attaquer aux causes des phénomènes migratoires par le développement, précisant que “la priorité est de faire en sorte que le développement soit au centre du règlement et de la solution des problèmes migratoires”. M. Messahel a tenu à préciser que la migration, interne en Afrique, est beaucoup plus importante que le mouvement migratoire vers les pays du Nord, relevant que “près de 20 millions d’Africains émigrent d’un pays à un autre à l’intérieur du continent.” Concernant la question de l’émigration clandestine, communément appelé “harraga”, le ministre a déploré que les médias se focalisent sur ce phénomène, alors que “le problème de la migration d’une manière globale est beaucoup plus important”. Il a en outre ajouté : “Il ne faut pas que nous perdions de vue l’essentiel pour se focaliser sur une préoccupation qui est la seule préoccupation de l’Europe”.
En exhortant “qu’il faut recentrer ce phénomène dans le cadre des politiques de restriction et d’interdiction d’entrées.” Touchant les droits des travailleurs migrants légalement installés, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines a indiqué que le débat engagé dans ce sens avec les pays du Nord porte, notamment, sur les moyens de défendre les intérêts de ces personnes, soulignant la nécessité de “mettre en relief les aspects positifs de la migration”. L’orateur a estimé par ailleurs qu’“il est temps pour les pays développés et surtout les pays d’accueil de ratifier la convention internationale sur la gestion des travailleurs migrants et de leurs familles”.
Dans une autre intervention, le ministre délégué a indiqué que les entretiens qu’il a eus avec M. Swing, ont permis de débattre des problèmes de la migration dans toutes ses dimensions et d’évoquer les perspectives de renforcer la présence algérienne au sein de l’OIM.
Tout en concluant que prochainement il y aura l’ouverture d’un bureau de cette organisation en Algérie.
A. Slimani
