Ceux qui ont le plus à en souffrir de la présence de ces bêtes sont, incontestablement, les éboueurs qui doivent leur livrer bataille pour se frayer un passage pour déverser les ordures collectées dans les quartiers au niveau des décharges publiques, lieu de prédilection des hordes de chiens errants, duquel ils en ont fait leur territoire qu’ils défendent avec acharnement. C’est à partir de ces décharges et autres dépotoirs d’ordures ménagères que ces bandes de chiens tirent leur substance quotidienne.
Malgré les mises en garde et l’alerte lancée par tous les vétérinaires de la circonscription, à commencer par ceux de la subdivision agricole de M’chedallah, les autorités locales continuent à faire la sourde oreille prétextant le manque de cartouches (munitions). Pas plus loin que la semaine écoulée, un citoyen de la commune de Saharidj a failli être dévoré par une meute composée d’une dizaine de chiens, et n’a dû son salut qu’à son agilité à grimper sur un olivier. Les chiens apparemment affamés ont tournoyé plus d’une heure autour de l’arbre, raconte-t-il. Par ailleurs, nous apprenons auprès d’un vétérinaire exerçant à la subdivision agricole de M’Chedallah que deux cas de rage de chiens errant ont été détectés dans la périphérie du chef-lieu de la commune du même nom. Un état de fait qui ne semble nullement inquiéter ceux chargés de la santé et de la sécurité publique. Faudrait-il attendre que ces bêtes fassent des victimes pour réagir ? Dans certaines communes à proximité de la forêt à l’image d’Ahnif, Aghbalou, Ath Mansour et Saharidj ces chiens ne peuvent plus être qualifiés d’errants, ayant développé les mêmes instincts que les autres bêtes sauvages qui y pullulent dans ces vastes forêts. Tout comme le fait de s’aventurer sans peur à l’intérieur des agglomérations dès la nuit tombée pour engager des batailles féroces contre les chiens domestiques qui eux mêmes instinctivement s’organisent en rangées serrées pour repousser ces meutes audacieuses et extrêmement agressives. Il est facile d’imaginer le tapage nocturne qui s’y produit chaque nuit autour des zones habitées en plus du danger que cela représente pour tout citoyen contraint de traverser des endroits non éclairés, l’éclairage public étant ce qu’il est dans cette ville. Cela revêt les caractéristiques d’une aventure dangereuse que de mettre le nez dehors, et dire qu’avec le net recul de l’insécurité les citoyens aspirent à reprendre avec les belles veillées d’antan pour destresser et profiter en même temps des agréables fraîcheurs durant la période qui annonce déjà la couleur. Pour réduire le nombre de ces dangereuses bêtes, il suffit de poster des chasseurs à proximité des décharges publiques.
Oulaid Soualah
