Cette rencontre scientifique focalisera tout particulièrement sur «les concepts et les méthodes d’enseignement». A ce propos, force est de constater que hormis quelques «actes pédagogiques isolés», l’enseignement de tamazight, notamment dans les universités, a été essentiellement assuré par les langues d’emprunt (l’arabe et le français).
Les conviés à ces journées d’étude réfléchiront donc sur les mécanismes à mettre en œuvre pour permettre à tamazight de se libérer des «ingérences conceptuelles des langues étrangères»
Mais hier, et après la cérémonie d’ouverture et l’allocution protocolaire assurée par le docteur Hidouche, directeur du centre universitaire Akli-Mohnad-Oulhadj, le sujet était tout autre. En effet, le professeur Youcef Nacib, premier à donner sa communication, esquissera le parcours de l’enseignement de tamazight, depuis 1962. Le conférencier rappellera qu’au lendemain de l’indépendance, tamazight n’était pas intégré dans la vision du projet de société mis en branle par les dirigeants d’alors. Son exclusion trouve son explication, souligne Youcef Nacib, par le fait que ces dirigeants «raisonnaient en termes d’idiologie». Il parlera aussi de « l’aventure » de l’enseignement du berbère à l’Université d’Alger. Un enseignement assuré par Mammeri en dehors de tout texte officiel, dans les années 1960. Mais « l’aventure de Mammeri » n’a pas été vaine : aujourd’hui, tamazight a ses départements dans les universités et est enseigné dans les lycées et collèges.
Cependant, le conférencier mettra le doigt sur quelques insuffisances dans l’enseignement de tamazight. Il parlera, entre autres, du «cursus désarticulé». Plus explicite, l’orateur regrettera que le cursus ne soit pas respecté. Il illustrera son propos par l’exemple de cet élève qui suit des cours de tamazight en première année moyenne, puis en sera dispensé en deuxième année et retrouvera enfin le cour de tamazight en troisième année. Au terme de sa communication, le Dr. Nacib laissera entendre que le sort de tamazight dépend «de la volonté politique» affichée.
Invité à son tour à rejoindre le pupitre, le professeur Bourayou de l’Université d’Alger parlera du «conte amazigh entre l’oral et l’écriture». D’autres intervenants sont attendus pour la journée d’aujourd’hui et celle de demain. On citera, entre autres, Allaoua Rabehi, Abdesalem et Nehali Djamal de BéjaÏa, Imarazen Moussa et Chemakhe Said de Tzi-ouzou…
T. Ould amar
