La Dépêche de Kabylie : Qui est Akli Seguilani ?
Akli Seguilani : Akli Seguilani est avant tout un Kabyle de Maâtkas, âgé de 30 ans et qui vit en France, (Grenoble). Il est aussi réalisateur de films en langue amazighe mais aussi en langue française. Actuellement, j’ai à mon actif deux films (L’Insaisie et Tarcula) et deux reportages, le 1er se rapporte à l’histoire de l’émigration, et qui est retenu par le ministère de l’Education française, et ils ont l’intention de l’exploiter et de l’introduire dans leur programme scolaire ; quant au 2e reportage, il sera consacré surtout à montrer la face cachée de la France que nos jeunes d’ici doivent absolument voir, car la France n’est pas toujours synonyme de réussite : la misère de là-bas est inégalée.
Le secret de votre réussite, pouvez-nous nous en parler ?
Je ne sais pas encore si effectivement j’ai réussi, mais si c’est le cas, l’énergie et le temps consacrés à mon travail en sont pour beaucoup. Vous savez, là-bas, pour trouver le temps de réunir toute l’équipe, il faut faire des mains et des pieds et encore. Toujours est-il que réussir en France est plus facile chez nous, là-bas, les moyens existent. Il suffit d’être ambitieux et sérieux.
Parlez-nous un peu de votre film L’insaisie, qui a connu une certaine notoriété en France ?
Vrai. l’Insaisie a connu une notoriété franco-maghrébine puisqu’il traite surtout du désir de partir sous d’autres cieux, en France surtout, un désir que la majorité de nos jeunes nourrissent. Pourtant, le film en question a subi bien des réductions, des scènes et des séquences complètes ont sauté car les actrices chez nous se font rares, les coutumes et les us kabyles ont fait le reste. Les médias français l’ont diffusé et lui ont assuré une couverture assez large et même notre chaîne de télévision, Berbère TV en a fait autant.
Si tu étais resté au bled, aurais-tu fait ce métier et réussir autant ?
Ecoutez, depuis que j’étais tout petit, je voyais tout en image, en arrivant en France, l’occasion de faire des études en cinématographie s’est présentée alors que ce n’était pas ma filière initiale. J’ai tout de suis sauté sur l’occasion et à la fin des études, j’ai eu le 1er prix. Pour répondre à votre question, je dirai que si j’étais resté dans ma Kabylie, les chances de faire du cinéma auraient été très minces, à moins d’un miracle !
Qu’avez-vous à dire aux jeunes réalisateurs d’ici ?
Franchement, je leur tire chapeau. Avec tous les blocages, le manque de moyens et d’encouragements, ils réussissent quand même à travailler et à faire passer des messages malgré le bouclier installé par qui vous savez. Le cinéma d’expression amazigh dérange encore certains.
Je vous laisse le soin de conclure…
Avant de terminer, je tiens à remercier Hocine Kacet pour sa disponibilité et son aide très précieuse.
Quant au dernier mot, les hautes autorités de ce secteur doivent œuvrer afin de révolutionner le secteur de la culture et d’assurer la promotion du cinéma, de l’art et de la culture en général parce qu’une nation sans artistes, sans hommes de lettres est vouée tout simplement à la régression.
Entretien réalisé par H. Taïb
