Un hommage à la hauteur de l’homme

Le temps particulièrement caniculaire qu’il faisait avant-hier, à Akbou, (40° C) n’a pas empêché les amis de Mohand Saïd Hamimi, les idoles de football national et d’ex-hauts responsables du sport algérien, le directeur de la jeunesse et des sports de la wilaya de Béjaïa d’effectuer le déplacement à la ville d’Akbou pour assister aux matches-gala et apporter leurs témoignages sur le sportif et l’homme qu’était Poupouh. En effet, il serait illusoire de vouloir dresser la liste de tous les joueurs venus prendre part à cette commémoration tellement ceux inscrits sur le registre des absents sont peu nombreux.

En plus de la présence de sa femme venue de France, des membres de sa famille et de ses amis, la quasi-totalité des vedettes du foot algérien, des années 1980 notamment, à l’image des Menad, Fergani, Belahcen (Tchipalo), Iboud, Magharia, Bouiche, Meftah, Dahleb, Douadi, Zeghdoud, Iratni, Harb, Mokbel, Sendjak et bien d’autres étaient aussi présents. La présence de l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, Aziz Derouaz, a donné à cette commémoration un cachet particulier. Berbère télévision était aussi de la partie par la présence très remarquée du sympathique Kamel Tarwiht, qui a trouvé du mal à satisfaire les embrassades des nombreux citoyens venus à sa rencontre. « Je suis venu spécialement de Paris pour exprimer toute ma sympathie à la famille de Poupouh et à toute la famille sportive », nous a-t-on confié. Deux matches ont eu lieu. Le premier a opposé les vétérans de l’Olympique d’Akbou au club de presse et le deuxième l’équipe nationale de 1982 aux gloires du football national. Le nombreux public présent dans les gradins n’a pas déchanté de la prestation des étoiles d’hier, et pour preuve, des applaudissements nourris étaient entendus pendant tout le temps qu’auraient duré les deux rencontres. Un tir de Menad, qui a percuté le poteau du gardien de l’équipe adverse, a ému le public qui s’est soulevé comme un seul homme pour témoigner son admiration. En fin de rencontres, les joueurs se sont allègrement adonnés aux prises de photos souvenir avec le public et la commémoration s’est terminée dans une grande joie et, comme une cerise sur le gâteau, les Akbouciens ont arraché à tous, la promesse de revenir à Akbou chaque fois que l’occasion se présente. Approché, pour nous livrer ses impressions sur Mohand Saïd Hamimi, Aziz Derouaz, nous dira : « C’était un homme exceptionnel, au-delà du footballeur talentueux qu’il était, Poupouh était aussi un homme généreux qui portait l’Algérie dans son cœur. L’organisation de ce genre de rencontres concoure à porter les hommes de sa trempe en tant que repères dont toute nation a besoin pour grandir et s’épanouir », il ajoute : « Je souhaite du courage aux les organisateurs et je les assure de mon entier et ferme soutien.  » Pour sa part, Djamel Menad, nous dira : « C’est un homme généreux qui aime la Kabylie et l’Algérie, un grand supporter de la JSK qu’il souhaitait intégrer, hélas, son souhait ne s’est pas réalisé. Il savait trouver les mots qu’il faut pour nous encourager, soutenir et consoler. Il m’a beaucoup aidé pour m’intégrer à Nîme qu’il venait juste de quitter, j’ai trouvé en lui un grand frère bien que nous soyons du même âge ! ». A propos de l’ORBA qui a rétrogradé à la régionale I cette année, Djamel Menad, a tenu à nous exprimer toute sa peine et avoue « ne pas comprendre comment une région comme Akbou, qui regorge de potentialités, n’arrive toujours pas à constituer une équipe d’envergure nationale ! » Emboîtant le pas à feu Mouloud Mammeri qui disait que « parmi les vivants, ils en existent des absents, et parmi les morts, ils en existent de bien vivants », Aziz Hamimi, le frère de Poupouh, nous dira : « Un homme n’est véritablement mort qu’une fois, il est oublié de tous. Ce n’est pas le cas de mon frère : je le sens toujours parmi nous !.  » Note complète pour l’association des vétérans de l’Olympique d’Akbou (VOA), organisatrice de cette commémoration à l’occasion du premier anniversaire de la disparition de Poupouh survenue le 14 juin 2008 à l’âge de 48 ans, qui à réussi à faire de la journée de la disparition de Poupouh, une occasion pour des retrouvailles, ô combien joyeuses !

B. Sadi