Lorsqu’on voit le nombre de produits absents sur le marché, on est tenté de croire que la période des pénuries des années quatre-vingt est revenue. Quand ce n’est pas le rond à béton, c’est le ciment. Si ce n’est pas la pomme de terre, c’est alors un autre produit. La dernière en date et dont se plaignent les citoyens, notamment les demandeurs de raccordements auprès de Sonelgaz, est le manque de disjoncteurs sur le marché. Ce qui pénalise, on s’en doute, les propriétaires de nouvelles constructions. Devant les nombreuses réclamations de citoyens qui attendent d’être reliés au réseau électrique, nous avons jugé utile de nous informer auprès de certains « sous traitants » de la Sonelgaz. « Beaucoup de demandes attendent, en effet, d’être honorées. Pour l’heure, nous ne pouvons satisfaire notre clientèle faute de disponibilité des disjoncteurs », avoue un entrepreneur. Il semblerait, d’après notre interlocuteur, que l’usine qui fabrique ce genre d’appareils sise à El Eulma n’en fournit plus en quantité suffisante depuis plus de trois mois. Il ajoute que « si un client arrive à s’en procurer, nous procéderons à l’installation sans toutefois que Sonelgaz ne procède au remboursement de frais déjà payés ». Pour le moment, les raccordements sont effectués avec compteur seulement mais sans électricité. Ce qui révolte les clients, contraints d’attendre l’installation du second appareil, pour disposer enfin de l’énergie électrique. En attendant que le marché soit alimenté, ils ne peuvent que patienter ou accepter une dépense supplémentaire en s’approvisionnant chez les revendeurs privés. Lorsque nous signalions, il y a quelques mois un vol mystérieux de disjoncteurs, nous étions loin de nous douter que les cambrioleurs avaient senti venir la pénurie de ces appareils électriques.
A. O. T.
