Le logement social… une bombe à retardement !

Cependant, il n’est pas rare de constater que cette dernière est vidée de sa vocation initiale et profite parfois à ceux qui ne sont pas nécessairement dans le besoin. Une donne qui fait naître des mécontentements des personnes qui se sentent lésées et qui ont recours souvent à des actions de rue allant jusqu’à fermer la voie publique ou bloquer les sièges d’APC ou de daïra.

Il faut dire, dans ce sillage, que la promulgation du décret en 2008, qui fixe les modalités d’attribution par la commission de daïra n’a rien réglé à la situation. Nous avons d’ailleurs fait écho, dimanche passé, du conflit ouvert entre les représentants de l’apc de Boghni, au sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, qui ont claqué la porte en quittant les travaux de la commission. Un geste accompagné d’une déclaration rendue publique dans laquelle ils dénoncent des modifications apportées à la liste initialement arrêtée. « La première liste a été retouchée et quelques bénéficiaires retenus ont fait l’objet d’une élimination », est-il écrit dans le document en question.

A Tizi-N’T’leta, l’APC et les comités de village se démarquent aussi…

Par sa démarche, le représentant de l’apc de Boghni exprime son rejet de la démarche prônée par le chef de daïra qui aurait, selon les termes de la déclaration, « demandé à la commission de lui présenter une liste de 130 à 150 dossiers et que ce sera à lui (le chef de daïra, ndlr) d’arrêter la liste des bénéficiaires. Cette situation n’est bien évidemment pas l’apanage de la seule daïra de Boghni ».

Celle des Ouadhias, à 30 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, s’est réveillée cette semaine au rythme d’une polémique entre l’apc de Tizi N’tleta et les comités de village, d’un côté, et les services de la daïra de l’autre sur la repartitions des 28 logements sociaux. Dans un procès-verbal dressé lors de sa dernière réunion et dont nous détenons une copie, la commission de daïra chargée de l’attribution des logements sociaux locatifs portant clôture de l’opération afférente à l’étude des dossiers de demandes de logements de la commune de Tizi-N’tleta, a fait état, après clôture de l’opération, que sur les 321 dossiers traités, 191 ont été rejetés pour différents motifs. Le PV indique que les 130 dossiers restants seront soumis pour examen par la commission de daïra chargé de l’attribution de logements sociaux locatifs en vue de faire ressortir les éventuels bénéficiaires. Cependant, les représentants des différents comités de villages de la commune de Tizi-N’tleta ont signé conjointement avec le président d’APC un autre document dans lequel ils ont exprimé leur mécontentement par rapport au travail de la commission. « Les membres des comités de villages ont jugé l’absence du président de l’apc à l’étude des dossiers des logements sociaux inacceptable », peut-on lire sur le procès-verbal ayant sanctionné les travaux de la réunion P/APC-comités de villages. Il a été, dans ce sens, proposé « l’attribution du quota des logements sociaux selon le principe du prorata (proportionnel), en tenant compte du nombre d’habitants de chaque village, en ayant la liste des dossiers rejetés en indiquant les motifs de chaque rejet, en ayant la liste des dossiers retenus avec une note attribuée pour chacun des postulants, en revoyant les dossiers déposés en 2008 et en donnant l’explication concernant leur exclusion », est-il mentionné dans ledit document.

De leur côté, les membres de l’assemblée communale de Tizi-N’tleta ont tenu, lors d’une séance plénière lundi passé, à rejeter « en bloc et en détail » le travail de la commission de daïra. Une démarche qui ne plaît pas, on le comprend bien, aux services de la daïra. « Le président de l’apc aurait bien fait d’assister dès le début aux travaux de la commission au lieu de nous sortir aujourd’hui avec une position revendicative. Il a été invité à plusieurs reprises sans qu’il daigne y répondre. Le travail accompli jusque-là n’est entaché d’aucune irrégularité. Une liste initiale a été établie et envoyée aux services de sécurité pour complément d’enquête », nous a indiqué hier une source très au fait de ce dossier au niveau de la daïra des Ouadhias. Cette dernière ajoute qu’une réunion se tiendra dans les tout prochains jours au niveau du siège de la daïra et regroupera le chef de daïra, les comités de village et le P/APC de Tizi N’t’leta. Contacté hier par nos soins, ce dernier estime qu’il est anormal que l’APC ne soit pas associée à l’étude des dossiers. « On n’a pas reçu d’invitation officielle », nous dira, Hocine Souam, P/APC de Tizi N’tleta. Ceci n’est en définitif qu’une simple illustration des problèmes qui accompagnent l’opération d’attribution du logement social. Les apc et autre daïra se trouvent à chaque fois assises sur une poudrière et font face à la grogne des postulants. La pression qui entoure souvent ce genre d’opération n’est pas étrangère à la crise sociale aiguë qui frappe de plein fouet notre société. La crise de logement est justement l’un des remparts qui empêche des centaines de familles de vivre dans un cadre décent. Les passe-droits, et le « béni aamisme » ainsi que la corruption à grande échelle font le reste…

A. Z.