Le marché du centre-ville — pour ne citer que celui-là — qui se tient tous les jours grouille de monde. Les ruelles y conduisant se sont transformées depuis longtemps en grandes concentrations de citoyens où il est difficile, entre 9 h et 14 h de l’après-midi de se frayer un chemin.
Les discussions en particulier de femmes autour de divers produits exposés à la vente à des prix qui défient le bon sens vont bon train. Même le boulevard menant vers le CHU jusqu’à l’université ainsi que les trottoirs sont squattés par des jeunes vendeurs et vendeuses de tous âges, proposant aux visiteurs différents produits destinés à la vente.
Acheteurs et simplement passagers ne cessent de se lamenter de cette situation qui vide en cette période de canicule les poches. En effet, les prix affichés proposés aux naïfs que nous sommes échappent totalement aux contrôleurs qui ne peuvent, il faut le dire, avoir les yeux partout. Il est vrai aussi que ce marché (dé)couvert implanté au centre-ville et vu l’exiguïté et l’insalubrité des lieux nécessite une rénovation ou un déploiement ailleurs. Par ailleurs, les accès menant vers les différents étals de marchands de fruits et légumes, de vêtements, etc… présentent à la fois un danger permanent pour les paisibles citoyens de par ces pickpockets qui les guettent perpétuellement et à chaque instant, malgré la présence de vigiles sur les lieux. Une même femme, venue hier faire ses achats, est rentrée chez elle les mains vides. Les voleurs à la tire qui activent sur ces lieux par bande organisée lui ont soutiré les 1 200 DA qu’elle avait dans son porte-monnaie. Les autorités locales sont de ce fait interpellées aux fins d’y instaurer une démarche logique et une présence continue des services destinés à veiller à la diminution des fléaux sociaux.
62% de chômeurs
La situation sociale en Kabylie est aujourd’hui lamentable. Des milliers de personnes sont prises dans une spirale infernale qui n’a de solution que la mendicité, la clochardisation ou le suicide dont Tizi, à l’instar d’autres régions de Kabylie a connu plusieurs cas. Le nombre de chômeurs est estimé au niveau de cette wilaya à plus de 60% de la population active, générés par le manque d’entreprises pouvant offrir aux pères de famille, aux jeunes étudiants universitaires des postes d’emploi.
De sources bien informées, on a enregistré en 2008 pas moins de sept mille (7 000) universitaires sans poste de travail. Cela fait bien longtemps que les investisseurs boudent cette région et d’autres sociétés ont mis la clé sous la porte. Seul, heureusement d’ailleurs, le groupe ETRB fait appel parfois à une certaine catégorie de travailleurs dans ses filiales. A tous ces maux qui rongent la société kabyle à petit feu, il faut ajouter les déperditions scolaires. En ces temps mêmes, plusieurs pères de famille éprouvent d’énormes difficultés pour offrir le minimum vital à leur progéniture. Pour s’en apercevoir, il y a lieu de faire un tour aux différents marchés de Tizi Ouzou et constater les prix affichés aux étalages. Ils donnent dans le sens le plus large du terme : du vertige. Un gros sac d’argent pour nourrir et vêtir une ribambelle d’enfants ! De l’avis des citoyens, Tizi Ouzou, comparativement aux autres régions du pays est connue pour ses marchés les plus chers. Faites vos comptes : la tomate à 80 DA, la courgette à 55 DA, la pomme de terre algéro-algérienne ne descend guère des 35 DA, après qu’elle eut atteint les 100 DA le kg, il y a quelques semaines. Alors, les prix des viandes rouge et blanche, que le citoyen modeste ne regarde même pas sont « stabilisés » depuis belle lurette entre 650 et 750 DA pour la première et 270 et 300 DA pour la deuxième.
De même que plusieurs autres wilayas, la wilaya de Tizi souffre des fléaux sociaux, tels le proxénétisme, la prostitution, la mendicité et la criminalité. Tout le monde médite cette maxime : « On récolte ce qu’on sème ». A force d’investir dans le vent, les tragédies sont à venir.
S. K. S.
