L’inévitable question concernant le début du mois sacré est répétée à l’envie, dans les cafés, les foyers ou dans la rue. Le doute subsistera jusqu’à la dernière minute.
Tout le monde sait, cependant, que le Ramadhan n’est pas loin et qu’il faut sans tarder, procéder aux dernières « retouches » avant le début de la semaine prochaine. On se hâte de liquider les fêtes familiales (mariages ou circoncision) même en dehors du week-end.
Chez les ménagères, c’est l’effervescence habituelle, en cette période pré « ramadhanesque ». La frénésie des achats gagne les plus sereines qui se préparent à accueillir le mois sacré avec tous les honneurs dus à son rang. Les plus averties commencent à stocker les produits nécessaires à leur consommation, pour un mois et être ainsi parées à toute augmentation inattendue. Expérimentés, les commerçants ont pris leurs devants pour que leur clientèle ne manque de rien. L’inévitable frik, les fruits secs et autres friandises sont étalés à la vue de tous, comme pour rappeler aux clients qu’ils doivent faire leurs emplettes sans tarder. La courbe des prix toujours ascendante, suit ce mouvement qui ne prendra fin qu’au bout d’un mois.
Les spéculations vont bon train. Comme chaque année à cette période, les conversations tourneront inévitablement autour du coût élevé de la vie, comme si on découvrait ces prix exorbitants, pour la première fois. Le sucre à 73 dinars ou le poulet à 360 dinars n’ont pas attendu le mois de carême pour laminer le porte-feuille des bourses moyennes, déjà mises à mal par les dépenses de l’été. « Le moins que l’on puisse espérer, maintenant, est la stabilité de la mercuriale car si les prix venaient à connaître d’autres hausses, il ne resterait plus que le restaurant de la solidarité, pour venir au secours de la population », commente un père de famille. L’appel du syndicat des commerçants pour un peu de clémence sera-t-il entendu, cette fois ? Peu probable, si l’on se fie aux expériences passées.
A. O. T.
