Bordés de beaux vergers au pied de l’Atlas blidéen, sur la route de Meftah, de nombreux hameaux de Hamadi offrent cependant un spectacle de désolation. Premier constat lors de notre virée, hier après-midi, dans cette contrée : ruelles poussiéreuses du chef-lieu de la commune pré-citée et de sa périphérie. “Elles n’ont pas été bitumées pour la plupart depuis une quinzaine d’années”, s’écrient des résidents.Les problèmes sont aussitôt énumérés. On souffre du problème récurrent d’approvisionnement en eau potable, puisque la plupart des foyers ne sont alimentés en moyenne que deux fois par semaine. “Cela est plutôt dû à un dysfonctionnement dans la gestion des ressources hydrauliques locales”, enchaîne un quinquagénaire en nous montrant du doigt un château d’eau et l’emplacement d’autres sondes à la sortie sud du village.Les sites d’Ouled Brahim et de Ben Ouadah ne sont guère viabilisés : aucun plan d’assainissement des eaux usées. Chaque chef de famille se débrouille pour aménager une fosse d’aisance près de sa maison. “Peut-on alors prévenir des épidémies ?”, s’inquiète un notable.Vus de loin, les deux sites n’ont rien d’un bidonville. De charmantes maisons de campagne y ont été construites. Mais ces quartiers rattachés à la commune de Hamadi souffrent depuis deux décennies d’un manque criant de commodités. Pas l’ombre d’une ruelle digne de ce nom. Pas d’éclairage public. Et de nombreux foyers, notamment à Haï En Nasr, ne cessent de recourir au branchement anarchique de l’électricité.“Notez que ce quartier est constamment inondé en hiver”, fulminent d’autres résidents. Et ils précisent que “leurs enfants ne peuvent rejoindre l’école pourtant toute proche lors des intempéries”.Des nids de poule, des crevasses et des tas d’immondices sont partout visibles au abords de ces artères poussiéreuses. “Les services communaux de voiries ne passent en moyenne que deux fois par mois, et le nettoyage n’est presque jamais effectué”, a-t-on encore signalé. Raccordement au gaz de ville et installation de lignes téléphoniques s’apparentent ici à un luxe.“Nous ne réclamons que le strict nécessaire”, concluent nos interlocuteurs.Une source proche de l’APC nous a expliqué, pour sa part, que “les coupures d’eau qui surviennent de temps à autre sont dues à des pannes de pompes ou des cassures de conduites. Les autres problèmes posés seront, eux, progressivement réglés”, a-t-il ajouté, avant la fin de l’année en cours.La même promesse a été, en fait, donnée aux représentants d’une association locale œuvrant pour l’amélioration du cadre de vie des citoyens.
Salim Haddou
