La célébration de l’anniversaire du 5 Juillet a été faite dans la sobriété rituelle. une gerbe de fleurs a été déposée au monument des martyrs de la ville, en présence du maire, du chef de daïra, du commandant de la Gendarmerie nationale et du chef de la sûreté de daïra. Il y avait des moudjahidine, des élus et des citoyens.
Quelques moments émouvants, avec l’intonation de kassaman décliné dans son intégralité. Images révélatrices d’un certain état d’esprit : alors qu’un homme continuait tout bonnement sa route, une vieille dame de passage à ce moment là, s’arrêta, un peu gênée par la foule masculine mais s’immobilisa et ne partit qu’à la fin de l’hymne national. Le 5 Juillet 1962 a eu lieu la proclamation de l’Indépendance de l’Algérie, après 132 années de colonisation accompagnée d’un mouvement de résistance nationale qui s’est inscrit dans la durée, 7 années de guerre dévastatrice et un référendum consacrant le choix populaire de l’indépendance.
Pour le peuple algérien, il a été la fin d’une longue et terrible épreuve, dont les répliques douloureuses continuent de se faire ressentir aujourd’hui encore, tels les stigmates indélébiles enfouis au plus profond du psychisme collectif.
Le 5 Juillet 1962, partout à travers les Mechtras et les douars, les villages et les villes, de l’immensité des steppes aux montagnes kabyles, une joie immense et spontanée avait accueilli à l’époque la grande nouvelle. Larbaâ Nath Irathen a été la bastion de la résistance rehaussée par les figures illustres de Fathma N’soumeur et Abane Ramdane. porte-étendards du mouvement national. La transmission de la mémoire aux générations ne s’accommode pas de la sobriété des cérémonies, des rituels immobiles et désincarnés qui, au contraire, participent quelque peu à une forme de banalisation des référents historiques fondateurs. De par le monde, les fêtes nationales sont un déferlement de liesse populaire et l’occasion d’un ressourcement patriotique où l’on invite les chanteurs, les comédiens, les troupes, les conférenciers, les historiens dans une communication générale qui transcende les clivages politiques légitimes au demeurant. Une fête nationale, avant d’être un simple jour férié, est d’abord une occasion de joie et de souvenirs édificateurs.
M. Amarouche
