De nombreux chantiers bâtiments à l’arrêt

Sale temps pour les entrepreneurs qui sont secoués par une valse incessante des prix du ciment depuis le mois d’avril 2009. De nombreux chantiers sont à l’arrêt, nous dit-on à cause de la montée fulgurante du matériau de construction, le plus utilisé et en quantité, de surcroît.

Des entrepreneurs tentent tant bien que mal de temporiser et de ne pas s’attaquer aux grands travaux gourmands en ciments (plate-forme dalles) le temps de laisser passer cette onde de choc qui ébranle le marché du ciment. Certains sont ballottés entre deux options : continuer à travailler pour être dans les délais et risquer de faire des pertes faramineuses ou geler leur activité dans l’espoir d’une meilleure stabilité au risque d’accuser des retards dans la réalisation.

« Nous sommes entre l’enclume et le marteau », se lamente un entrepreneur de la commune. Ceux qui sont vraiment tenus aux délais, au risque de perdre leurs honoraires, continuent contre vents et marées à travailler sans trop savoir s’ils vont s’en sortir. « Normalement, l’Etat doit tenir compte de la flambée du ciment », plaide un autre entrepreneur dépité arguant qu’au moment où nous avons postulé pour obtenir nos marchés, le ciment était disponible et presque à moitié prix. Après avoir expliqué que d’aucuns seront tentés en bâtiments pour sauver les meubles de tricher sur les proportions de béton ou sur la qualité des finitions pour éviter la faillite, il s’interroge sur le rôle régulateur de l’Etat. Autres dégâts collatéraux touchant le marché chancelant du bâtiment, selon un maçon à Beni Mansour se retrouvant en ce moment en chômage technique : le déclin de l’activité de la maçonnerie. Pourtant, une autre intonation se retrouve chez son confrère Miloud qui lui, plus serein, a en ce moment du pain sur la planche, affairé tranquillement à effectuer à l’ombre, un lot de finitions dans une villa au centre du village. « A chacun ses moyens, dira-t-il, les prix du ciment ne paralysent pas forcément tous les chantiers privés notamment ». Enfin, les plus secoués sont les autoconstructeurs qui obtiennent au compte-goutte des tranches de financement limitées pour réaliser leurs habitations rurales. Un d’entre deux accepte de commenter la situation peu enviable de ses pairs : « On fait des prévisions pour faire une plate-forme ou une dalle pour un montant moyennant la somme de 20 à 30 millions, avec l’ascension effrénée du ciment en reste à mi-chemin car le coût du projet s’avère être le double de ce qu’on a prévu ».

Enfin, notre interlocuteur craignant de révéler son identité par crainte de se faire enlever sa précieuse décision d’attribution du FONAL de s’interroger : « Où les autoconstructeurs vont-ils chercher le surcoût ? Qu’a viendrait-il de ceux qui auront dépensé plus pour réaliser moins à cause de la folie du marché de matériaux de construction ? »

Z. Z.