Les transporteurs assiègent la direction

C’est le cas de le dire puisque des transporteurs de voyageurs ont clairement signifié leur mécontentement, hier, devant le siège de la direction des transports qu’ils ont assiégée en guise justement de protestation contre ladite décision. Pour les manifestants, venus de différentes régions de la wilaya, cette ouverture saturera les lignes de transport rendant leur activité incertaine. Des doléances qui n’ont pas fait fléchir le directeur des transports de la wilaya, M. Rezzig qui est resté intransigeant sur la question. « L’ouverture du secteur est irrémédiable dans tous les domaines. C’est le marché qui va dicter et décider du renforcement du secteur ou non. Cela en fonction de la demande d’investissement présentée par les postulants dans le domaine, désormais la saturation sera constatée par le marché et non pas par l’administration », nous a déclaré M. Rezzig que nous avons contacté hier. Celui-ci semblait d’ailleurs imperturbable.

Il faut dire que la décision qui fait actuellement des vagues aura certainement par son effet de bousculer les choses dans le secteur. Désormais, les lignes de transports sont accordées à tout postulant pourvu que son dossier soit conforme. Ainsi, le secteur est voué à la loi du marché où la concurrence sera déterminante. Le nombre de transporteurs risque en effet de se multiplier. Une situation qui risque d’engendrer un état d’anarchie au niveau des stations de fourgons déjà saturées. Les transporteurs peuvent même parler de dessertes saturées. Mais toujours est-il et aussi paradoxal que cela puisse paraître, le transport proprement dit est toujours en souffrance dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Le manque est terrible au niveau de certaines dessertes au grand dam des citoyens qui sont contraints d’attendre des heures durant avant d’embarquer. « Je ne comprends vraiment rien à cette situation : d’un côté, les fourgons de transport sont en nombre impressionnant, de l’autre nous sommes contraints, chaque jour que Dieu fait, de guetter de longs moments l’arrivée de l’un d’entre eux au niveau des arrêts », fulmine un citoyen habitant un village de la Kabylie profonde. Les bousculades au niveau des arrêts sont toujours de mise, notamment pendant les week-ends. Les jours de fête, dans certains villages, on ne peut pas aller vers une destination quelconque, cela est tributaire du fourgon qui ne passe pas à tout moment. C’est la dure réalité que connaît le secteur des transports dans la wilaya. Une wilaya ou certains transporteurs n’aiment pas circuler « à vide ». Ils préfèrent « faire le plein » au niveau des stations quitte à attendre son tour de chargement plusieurs heures, comme c’est le cas d’ailleurs actuellement, laissant du coup les villageois patienter dans leur village. Le citoyen n’est toujours pas roi, comme dirait l’autre, dans le domaine, et ce malgré l’impressionnant nombre de véhicules aménagés qui existe à Tizi-Ouzou. Paradoxalement, les mêmes transports souffrent, du moins certains d’entre eux, le martyre au quotidien. Ces derniers passent carrément la nuit dans les stations afin d’assurer un voyage de plus. Aussi, ces professionnels du transport disent qu’ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts dans la mesure où ils ne travaillent plus assez du fait justement de leur nombre impressionnant. Un nombre qui est appelé donc à augmenter davantage au grand dam de certains de ces transporteurs… mais au bonheur d’un nombre tout aussi impressionnant de jeunes postulants qui voient en cette décision une aubaine afin d’avoir enfin une ligne de transport. Plusieurs demandes ont été déjà formulées en ce sens, on est allé même jusqu’à dire que le secteur étant trop « verrouillé », ce que ne sera plus le cas désormais.

M. O. B.