En effet, juste après le dépôt de la gerbe de fleurs au carré des martyrs situé au centre du chef-lieu suivi de la lecture de la Fatiha, le cortège conduit par le P/APC, en l’occurrence M. Mohamed Chérif Fahem, entouré des élus locaux et des membres de la société civile ainsi que de nombreux citoyens se rendit sur la crête appelée « Leka » (l’ex-tristement célèbre camp militaire) où ont été réalisés les trois édifices. Ainsi, c’est la plaque commémorative placée sur la façade principale de la nouvelle crèche communale qui a été découverte et qui porte le nom de la chahida « Maraouche Mouna ».
« La chahida est originaire de Tafoughalt, elle s’est mariée à M’kira. Elle est née en 1940 et elle est tombée au champ d’honneur en 1961 », nous déclare un de ses proches. Juste à côté, c’est le tour du nouveau foyer pour jeunes qui a été baptisé au nom d’une autre chahida, la dénommée « Lebdiri Hamama », née en 1904 et tombée au champ d’honneur en 1959. Après avoir découvert la plaque en marbre portant le nom de sa mère, encore très ému et sous le choc, son fil Agueni Saïd, âgé de 67 années, nous déclara péniblement qu’il vient de retrouver enfin sa chère mère. « Je suis vraiment surpris que les élus de M’kira aient eu cette idée de baptiser ce bel édifice à la mémoire de ma mère, faite prisonnière au camp militaire de Timezrit (Boumerdès), elle n’y reviendra jamais alors qu’on ne connaît même pas où elle a été enterrée. Ce nouveau foyer de jeunes qui accueille chaque jour des dizaines de jeunes gens et jeunes filles est à partir de ce jour non pas sa tombe, mais notre belle et joyeuse demeure », nous déclare notre interlocuteur qui découvrira juste après qu’une trentaine de jeunes filles suivent actuellement un stage de couture et qu’une médiathèque de près d’une vingtaine de micro-ordinateurs fonctionne également alors que le réseau des associations de M’kira, s’y est également installé au niveau de ce foyer pour jeunes.
Le dernier édifice à être inauguré est la nouvelle école primaire qui se trouve sur le même site. Elle est baptisée au nom du chahid, le moudjahid « Mokrani Mohamed dit Mouloud Aoudhar ».
« Le chahid Mokrani Mohamed est né en 1920 et il est tombé au champ d’honneur du côté de Beggas en 1960 sous les bombes de l’aviation coloniale », nous dira son neveu alors que ses trois filles poussaient des youyous en découvrant la plaque commémorative.
Par ailleurs, lors de la réception offerte par le premier magistrat de la localité, le vice-président de l’association « T. O. U. » du village de Tighilt Oukerrouche a fait un résumé de l’histoire du douar M’kira depuis la période turque jusqu’à l’indépendance, à la grande surprise de l’assistance, qui ne pensait pas que leur localité ait une histoire aussi grande et aussi longue et qu’il existe une énorme documentation historique au niveau de toutes les archives.
Essaïd N’Aït Kaci
