La cascade Tamda Usergi, un éclat extraordinaire

L’eau de la rivière Tamda Usergi est réputée pour sa légèreté et sa pureté. Le cycle de cette source procure des qualités uniques qui s’adaptent aux besoins de tous les consommateurs. Vu l’importance de l’eau et ses diverses utilisations, l’obligation de préserver les sources naturelles en eau est indispensable.

Autrefois, la commune des Ouadhias comme d’ailleurs. Presque chaque région de la Kabylie possédait une source naturelle en qui faisait le bonheur du pêcheur et du touriste.

Village natal du célèbre chanteur et poète kabyle, Slimane Azem, la commune Agouni Gueghrane dans la daïra des Ouadhias est perchée sur le massif montagneux du Djurdjura.

Issue du découpage administratif du 4 février 1984, C’est une commune de montagne située sur le flanc nord du Djurdjura, elle s’étend sur une surface de 40. 51km2, pour une population de 12 623 habitants soit une densité de 312 hab. /km2. On y compte en dehors de la zone indiquée, quatre grands villages, Agouni Gueghrane (chef-lieu), Tafsa Boumad, Aït El-Kaïd et Aït Ergane. Ce dernier, plus au sud, est situé en plein cœur des montagnes du Djurdjura.

Source naturelle d’eau, c’est un véritable point touristique en haute montagne de la Kabylie. Jeudi dernier, lors d’une journée ensoleillée où le mercure affichait 40°, nous avons pris la route vers l’incontournable commune d’Agouni Gueghrane. Farid, notre accompagnateur est membre de la maison des jeunes de la daïra des Ouadhias. Nous avons fait escale aux Ouadhias-Centre. Nous sommes arrivés en montant vers la commune d’Aguouni Gueghrane. Après une demi-heure de marche, on apperçoit la cascade. Tamda Usergi, un paradis sur terre et la fierté des villageois. C’est un véritable lieu touristique.

En effet, cette rivière est distante de quatre kilomètres du centre de la commune des Ouadhias. Elle est située également au cœur d’un gros rocher brisé au milieu d’où l’eau coule.

Afin de garder cet extraordinaire point touristique, les membres du comité de village d’Agouni Gueghrane ont procédé à des opérations de « nettoyage » dans la rivière ainsi que ses alentours, avec la participation de plusieurs éléments de la maison des jeunes de la commune des Ouadhias ainsi que des villageois.

Cette opération se pratique annuellement dès l’apparition des premières vagues de chaleur. Grâce aux efforts de tous, la cascade a retrouvé sa propreté à la grande satisfaction des visiteurs car l’hygiène est importante.

Actuellement, le calme et la sûreté règnent en cet endroit. En été, nombreux sont les estivants qui préfèrent cet endroit pour sa fraîcheur. C’est « un paradis sur terre, un point touristique où survit un certain dynamisme durant la saison estivale », a expliqué un interlocuteur de la région. Durant les grandes chaleurs, la rivière reçoit des groupes de touristes « notamment entre juin et août »’ ajoute-t-il.

De nombreux estivants préfèrent cet endroit pour son calme, sa fraîcheur et ses paysages paradisiaques tels ceux décrits par Da Slimane dans Aya froukh ifiyalles, où il chante l’Algérie, la Kabylie et plus particulièrement son village natal Agouni Gueghrane.

En haut de cette rivière entourée de paysages et de montagnes de la Kabylie dont les montagnes d’Aït Bouadou et ses vastes forêts côté-ouest, siège de la commune du village Agouni Gueghrane côté-est, le centre de la commune, côté-nord et sud, une vue imprenable et un air frais, nous transportent. Les villageois ne souhaitent pas quitter les lieux pour d’autres places, plages, montagnes, etc.

Les touristes, eux, choisissant ce lieu pour son irrésistible attrait. Les émigrés retrouvent le plaisir de la baignade, celui de la famille lors d’un pique-nique. Tamda Usergi garde toujours les traditions profondes de la Kabylie.

Notre visite en ce lieu, nous étonne toujours. Les femmes ajoutent de l’éclat à cette région. Assises sur les rives de Tamda Usergi, leur sourire éclaire leur visage ridé. Elles nous ramènent à un temps celui de nos ancêtres. Elles dégagent de doux rires en racontant des histoires ou en chantant des « échaouikan » jusqu’à la fin de la journée, profitant de la fraîcheur. Au retour, elles ramènent de l’eau, indispensable dans chaque maison d’Agouni Gueghrane. Les vieux aussi ont leur part de fraîcheur. Ils prennent leur sieste en cet endroit qui leur sert d’abri durant la chaleur mortelle de la saison estivale. A 17h, notre visite prend fin. C’est avec un sentiment mêlé de tristesse mais aussi de joie que nous laissons le village Agouni Gueghrane. On n’a connu un endroit magistral intitulé Tamda Usergi, qui a toujours gardé ses traditions profondes.

M. A. Yahoui