Durant toute la semaine écoulée, Sonelgaz procède chaque jour au délestage d’électricité entre 14 h et 16 h soit au moment de la diffusion par l’ENTV du feuilleton mexicain Barbarita, une série de plus d’une centaine d’épisodes quotidiennes qui tient en haleine la gent féminine depuis le début de l’hiver passé. Sonelgaz sanctionne nos femmes en les privant de la seule distraction qui les sort de la monotonie et qui leur procure des moments d’ » évasion spirituelle » dans ces coins perdus de l’arrière-pays. Leur déception est d’autant plus grande, sachant que ce feuilleton touche à sa fin, et que l’essentiel et le plus intéressant dans ce genre de film est justement toujours gardé pour la fin dans le but bien entendu de maintenir un suspense captivant à l’endroit des téléspectateurs.
Sur un autre volet, c’est la saison des fêtes, ce délestage perturbe tout les programmes et rendez-vous des salons de coiffures et de l’esthétique par lesquels doivent obligatoirement passer toutes les nouvelles mariées qui doivent être fin prêtes au jour » j » ni avant ni après.
Même cas pour les pâtisseries qui en font de cette période le « plein » de commandes en gâteaux,commandes qui doivent être honorées à la date précise, fixée par le client sinon gare à l’intoxication.
Une autre couche sociale qui ressent durement ces ruptures d’électricité qui interviennent juste en période de canicule qui sévit dans la région et au moment le plus chaud, lorsque le soleil se trouve au Zénith : ce sont les vieux, les nourrissons et les personnes malades qui ont besoin de fraîcheur qu’ils arrivent à avoir grâce aux climatiseurs pour les plus aisés et les ventilateurs pour les autres, un équipement qui fonctionne à l’électricité que ces délestages réduisent au…silence.
Tout ces désagréments ne semblent point déranger Sonelgaz dont le réseau de distribution est subitement en panne et sans crier gare, devient… épéliptique, « le délestage n’est plus qu’un mauvais souvenir » disait le ministre de l’Energie en regardant bien en face et sans ciller les caméras de l’ENTV.
Oulaïd Soualah
