Le premier s’est produit entre Semmache et Béchloul au lieu dit Thakaats, provoqué par des étincelles provenant d’une moissonneuse, qui intervenait sur un champ de blé de plusieurs hectares. Les premiers arrivés sur les lieux sont…des femmes armées de pelles et de seaux d’eau. Sans leur rapide intervention, le conducteur de la machine qui avait perdu connaissance en inhalant beaucoup de fumée aurait péri brûlé vif. Ces braves femmes ont secouru le conducteur mais aussi sauvé la moissonneuse et l’importante récolte de blé.
Un autre espace cultivé comportant des dizaines de vergers d’arboricultures et de nombreuses habitations ont pris feu, mais ont été sauvés par ces dames courageuses au lieu dit Thichikarth à Ath-Ikhlef, commune de M’chedallah. Les pompiers ne sont arrivés sur ces lieux que pour faire le constat et repartir, le feu étant complètement maîtrisé. Voilà comment sont faites nos femmes quant elles jugent de la nécessité de se manifester. Elles bravent tous les dangers en donnant des leçons de courage et de bravoure à ces mâles qui n’affichent ce genre de qualités que… quand il n’y a aucun risque à courir.
Enfin, le troisième foyer d’incendie a été étouffé par des jeunes… chômeurs au village Ath-Ali-Outemim dans la commune de Saharidj. Sans leur prompte intervention, toutes les cultures de ce village et celles du village voisin Ivelvaren, ainsi que l’une des meilleures parties du parc du Djurdjura Tala-Rana auraient été dévastées par le feu. Le dernier incendie en date où les pompiers ont été devancés par la population est celui de ce jeudi soir, qui s’est déclaré dans le dernier espace végétal de la région de M’Chedallah épargné jusque-là par les flammes. Le vaste tissu forestier d’Assif-Asemadh, au lieu dit Tizi-Ghrane s’étend sur des milliers d’hectares entre la RN 98 (Selim) Tikdjda et Saharidj, un tissu végétal hautement inflammable par sa composante de pins d’Alep, de chêne vert et bruyère. Un important espace forestier sauvé d’une disparition certaine grâce à la mobilisation de la population d’Assif-Assemadh qui a évité à la région de M’chedallah, une effroyable catastrophe écologique.
Le président de l’APC de M’Chedallah qu’on a rencontré sur les lieux du sinistre avait du mal à surmonter son émotion au même titre que le responsable de l’unité de la Protection civile de la circonscription face à cette héroïque bataille menée contre les flammes par des citoyens en majorité jeunes, aux visages noircies, aux mains et aux pieds grillés à force de lutter contre des éléments naturels déchaînés, au moment où un sirocco venant du sud-ouest soufflait violement sur le feu.
Le courage, la volonté et la solidarité de ces jeunes sont venus à bout de cet incendie bien parti pour provoquer d’incalculables dégâts sur l’environnement. Le P/APC a tenu à témoigner et à souligner, à travers nos colonnes l’important travail de sensibilisation réalisé par la Dépêche de Kabylie, en ne cessant de tirer la sonnette d’alarme dès le début de la saison chaude et soulignant particulièrement la défaillance et la faiblesse des mécanismes mis en place dans la région, comme il tient à féliciter… chaleureusement (il transpirait à grosses gouttes) ces concitoyens pour leur mobilisation.
Oulaid Soualah
