Les factures d’eau boudées par les citoyens

Pourquoi les citoyens se refusent-ils à honorer leurs factures ? La question jette le doute et n’apporte pas de réponses concrètes et convaincantes.

Les citoyens n’ont-ils pas les moyens de s’acquitter de leurs redevances en eau potable ? N’est-ce pas une forme de résistance ou d’opposition à un régime local dont ils ne cautionnent pas sa politique de gestion ?

A Béni Mansour, un père de famille quinquagénaire avoue avoir dit aux services des eaux qu’il ne verserait pas un rond tant que son robinet demeurait à sec.

D’autres citoyens semblent exprimer à travers cette attitude leur exaspération à une gestion hasardeuse et précaire des ressources hydriques. « A Boudjellil ou Béni Mansour, on n’a pas fini de dépenser avec prodigalité mais inutilement les budgets sans jamais avoir réussi à faire accéder tous les citoyens à l’eau potable », fulmine un homme qui fait partie du lot des « mauvais payeurs ».

La part du lion des PCD est consacrée à l’AEP, mais rien n’y fait ; les citoyens de la commune sont toujours exposés à un rationnement draconien ou à la pénurie », tempête un autre citoyen à Béni Mansour. Puis, un autre de relayer pour relever que « depuis qu’ils sont venus en 1997, ceux qui sont aux commandes de l’APC n’ont pas fini de nous gaver de promesses et nous assurer que le problème d’eau était leur priorité absolue ». Puis de commenter avec amertume : « Le problème d’eau reste posé avec plus d’acuité que jamais, malgré tous les budgets sans cesse consacrés à l’AEP ». Autre son de cloche pour notre interlocuteur, qui déplore qu’un pourcentage nettement majoritaire des consommateurs d’eau, ne payant pas leur dû depuis des années alors qu’ils sont prêts à râler indéfiniment pour réclamer insatiablement des droits en eau potable, en assainissements, en logements, etc… « Un citoyen qui ne s’acquitte pas de ses devoirs peut-il réclamer des droits ? », s’interroge-t-il d’une voix irritée par la colère. Et d’expliquer les difficultés d’exploitation de l’eau en mettant en avant l’étendue de la commune, les 18 villages qu’il est question d’alimenter et les surcoûts que cela engendrent. « L’eau coûte très cher à la collectivité », dit-il avant d’ajouter : « L’altitude des reliefs réduit la durée de vie des équipements qu’il faut sans cesse rénover ou réparer. Nous y consacrons d’énormes budgets à améliorer le débit des eaux à exploiter, à rajouter des réservoirs pour plus d’autonomie. Il y a aussi les faramineuses factures électriques qui sont générées par le fonctionnement sans répit des équipements hydrauliques et autres stations de refoulement qui se relaient pour ramener l’eau des forages jusqu’aux ménages sur plusieurs kilomètres ».

L’élu excédé s’interroge s’il y a une velléité des citoyens à aider la commune écrasée par les dettes à s’en sortir. Et de s’en prendre chemin faisant avec véhémence à toutes ces incivilités qui émanent de beaucoup d’habitants pour lesquels la commune ne compte que par l’hypothétique profit matériel qu’elle peut représenter à leurs yeux. Alors, peut-on être un citoyen à part entière alors qu’on ne daigne même pas payer sa facture d’eau ?

Est-il possible d’imaginer un quelconque développement qui ne serait pas le résultat de la mise à l’unisson de toutes les forces vives et de tous les efforts pour prendre à bras-le-corps les difficultés qui parsèment le chemin vers la prospérité et le confort ?

Z. Z.