Une localité enclavée

A la simple évocation du mot Ain Chriki, la première chose à laquelle on songe, est sans le moindre doute, c’est l’ouvrage du méga projet autoroutier qui traverse le territoire de la wilaya de Bouira sur près de 100 km. L’ouvrage en question n’est autre que le tunnel bitube de 1300 mètres de longueur ouvert à la circulation automobile il y a quelques mois. Si la population locale et les usagers de l’autoroute Est Ouest connaissent parfaitement le tunnel Ain Chriki de Djabahia, ce qu’ils ignorent en revanche, c’est la localité de près de 1200 habitants qui est située à proximité du tunnel. En fait le tunnel tire son appellation de celle de la localité de « Ain Chriki ».

Et aussi paradoxale que cela puisse paraître, la notoriété du tunnel a fait de l’ombre à la localité laquelle vit un dans total isolement. Les habitants de Ain Chriki que nous avons reçus dans notre bureau, nous ont fait part de beaucoup de contraintes qu’ils endurent depuis maintenant des années. Routes dégradées, manque d’eau potable, non raccordement au réseau gaz de ville, absence de réseaux d’assainissement, inexistence d’éclairage public, tels sont entre autres, les problèmes auxquels sont confrontés les habitants du village.

M. Dahmani, président de l’Association du village « Wafa », nous fera remarquer que depuis 2003, des dizaines de requêtes ont été adressées aux différents responsables mais elles sont toutes restées lettre morte. La dernière en date, dont nous détenons une copie, fut celle adressée au P/APC et au chef de daïra de Djabahia ainsi qu’au P/APW de Bouira au début du mois de juillet. A vrai dire la situation d’enclavement que vit ce village existe un peu partout à travers la wilaya de Bouira, mais ce qui frappe dans le cas de ce village, c’est en fait les problèmes nés depuis le passage de l’autoroute. Un des représentants du village nous citera un problème lié à l’eau potable. D’après ses dires, les sources existantes déjà au niveau de la localité ont commencé à se tarir juste après le lancement des travaux du tunnel.

Et ce qui accentue davantage la crise d’eau, c’est le non achèvement des travaux de l’AEP lancés dans la localité. Notre interlocuteur ne s’arrêtera pas là, il nous citera un autre problème lié au gaz de ville. Selon lui, malgré l’implantation d’une station de gaz de ville au milieu de la localité, et en plus du danger qu’il représente, celle-ci alimente les localités voisines et non pas le village dans lequel, elle est implantée. M. Dahmani n’omettra pas d’évoquer l’état des routes desservant sa localité. Des routes, notamment celle reliant Ain Chriki à la ville de Bouira en passant par Oued Rekham, qui n’a pas été réfectionnée depuis l’époque coloniale.

En plus de ce tronçon, les habitants demandent la réfection d’un autre tronçon, celui reliant la localité à celle de Ben Haroun en l’occurrence.

D. M.