Le poulet et la patate hors de prix

A une dizaine de jours du mois de carême, le consommateur peut déjà se faire une idée de ce qui lui réserve le marché. Même s’il sait que durant le mois sacré, les prix ont tendance à monter, cette année il s’attend à ce que les produits de première nécessité « s’enflamment ». La viande blanche qui devrait palier la viande rouge est d’ores et déjà au sommet de la mercuriale, annonçant un mois de septembre très « chaud ». Chez les bouchers, jamais le poulet évidé n’a atteint les trois cent soixante dinars (360 DA) le kilo, pendant qu’au marché hebdomadaire, le poulet sur pied s’est vendu, mardi dernier, à deux cent soixante dinars (260 DA). La viande rouge, le steak mis à part, demeure stable bien que relativement chère. A six cent quatre-vingt dinars (680 DA), depuis quelques mois, on s’attend à ce qu’elle emboîte le pas aux volailles. La pomme de terre qui ne cesse de grimper, depuis plus d’un mois, est cédée entre trente-cinq et cinquante dinars. Quel qu’en soit le prix, la qualité est des plus médiocres. La patate dite « de sable » réputée de qualité supérieure et par conséquent très demandée, est devenue immangeable, ces jours ci. Le consommateur n’est pas encore au bout de ses peines car non seulement, il doit payer le plateau d’œufs à près de trois cents dinars mais aussi, il doit faire face à la cherté des fruits et légumes. Les haricots verts à plus de cent dinars (100 DA), la carotte à soixante-cinq (65 DA) ou la salade à soixante quinze (75 DA), donnent bien des soucis aux pères de familles, dont les finances sont déjà mises à mal par les vacances, les cadeaux de fêtes et autres dépenses imprévues, générées par l’été. Côté fruits, les habitués du marché où les prix sont censés être plus bas qu’en boutiques, jettent leur dévolu sur le melon « cantaloup » à quarante dinars le kilo ou le raisin à soixante quinze le kilo. Ce qui ne signifie nullement que les prix sont à la portée de tous. Les commentaires vont alors bon train. Plus le Ramadhan approche, plus la courbe des prix ira en s’accroissant. A moins que l’appel pour un peu de « rahma » soit entendu, ne serait-ce que pour cette période. Là, c’est encore une autre question.

A. O. T