Si ces derniers jours, il nous a été donné de constater que les fruits de saison, notamment le melon ou la pastèque abondent sur les étals, cela ne veut pas dire que certains fruits bien de chez nous y sont absents. Au début de cette semaine, les premières figues de barbarie « el kermous », ce fruit aux épines mais très succulent ravit la place aux fruits précités. En effet, avant que les marchands des fruits et légumes ne découvrent leurs marchandises, de petits mômes, les yeux encore pleins de sommeil sont déjà là. « Ce sont des figues que j’ai cueillies de très bonne heure. Car on ne peut approcher les cactus après le lever du soleil. Les épines sont vraiment dangereuses », nous dit un enfant arrivant de Maâmar, avec deux bidons de vingt litres pleins d’ »el kermous ». « C’est très difficile, mais il faut quand même se débrouiller. J’ai pris le premier fourgon. Quand on est là avant les autres, on peut vendre comme on veut », a ajouté son petit frère. Quand au prix, il diffère d’une heure à l’autre. De très bon matin, le kilo est fixé à cinquante dinars. A partir de dix heures, il baisse jusqu’à trente-cinq, voire vingt-cinq dinars. Mais les connaisseurs préfèrent beaucoup celles de Aïn Zaouïa. Ils disent qu’elles sont mieux sucrées et que leur jus est bon pour de nombreuses maladies. « Quand on a mangé, on peut en prendre à satiété car on ne risque rien », nous a dit un vieil homme. « Il vaut mieux que j’achète trois kilos d’ »el kermous » à la place de la pastèque. Mais, vraiment, je l’achète par nostalgie car depuis que je me suis installé en ville, ce fruit me manque beaucoup », a préféré nous confier un citadin. En tout cas, dès onze heures, il ne reste plus rien et les petits enfants rentrent chez eux après avoir compté les dizaines de dinars qu’ils ont gagnées en promettant d’y revenir le lendemain.
Amar Ouramdane
